Passation de pouvoir à l'Adlersberg

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Passation de pouvoir à l'Adlersberg

Message  2nd Baron de Lezingham le Ven 4 Déc 2015 - 22:32

Nommé la veille, le tout nouveau Premier Ministre avait été reçu le matin même en audience par le Souverain, lui présentant la liste des membres du gouvernement et le discours du trône qui serait prononcé demain lors de la célèbre ouverture du Parlement. Nouveauté de taille de ce nouveau gouvernement, au sujet de laquelle Smith se plaisait d'avoir devancé les libéraux, la création d'un véritable ministère des affaires sociales capables de prendre en main la politique d'assistance sociale, de santé publique du pays, auquel il avait été adjoint le grand thème conservateur de la famille. Le vieille hôtel d'Ezmont utilisé par le Principal Ministre Zabrücksi lors de la dictature ultraciste servirait de siège à la nouvelle administration. Lemberg, zorthodoxe-social convaincu, serait à la tête de ce prestigieux ministère. Adelzcott se retrouvait à la tête des Affaires Intérieures instituées en véritable ministère des libertés publiques. Deux autres noms moins connus faisaient leur apparition, Léopold de Babenberg, Duc des Zorcades, quatre-vingt-deux ans, encore vif, ancien ministre libéral occuperait le ministère des affaires extérieures qu'il avait brièvement occupé naguère. Sortant de sa retraite des Zorcades, où il partageait sa vie entre la lecture et la pêche en eau vive, Babenberg devait sa présence dans les murs de la Wilhelmshof à son nom, pour autant il n'avait guère perdu ses compétences intellectuels avec l'âge malgré la surdité qui le guettait. Le ministre du Trézor était quant à lui, un parfait inconnu sur la scène politique nationale, gouverneur du Zabrück, ancien bourgmestre de Zollenheim issu du petit peuple par un sens aigu de l'entreprise et des affaires, il avait la réputation d'un bon bourgeois de province, affable et débonnaire. L'entretien entre le Souverain et Son Premier Ministre avait été cordiale, le premier plaçant dans le second un certain nombre de ses espoirs politiques. Le parlementarisme et le légalisme de Smith autant que son attrait pour pouvoir le conduisait cependant à garder pieusement les prérogatives que lui octroyait la constitution.

Issu de l'establishment, né d'un père dévoué à l'exercice du pouvoir et à l'accroissement de ses dividendes et d'une mère accaparé par les mondanité, Smith avait très tôt été attiré par la chose militaire. C'est pourquoi il avait rejoint l'académie royale militaire qui seyait si bien aux fils de l'aristocratie zollernoise. Là bas, il avait fait la connaissance du Prince Zabrücksi, avec lequel il avait noué une profonde et ferme amitié. Il était sorti de l'école au grade de lieutenant sans avoir brillé. Toutefois l'appui de ses relations lui avait ouvert les portes de la cavalerie. Affecté à Wilhelsteufen, puis à Zollenheim, il y mènerait grand train, loin de l'ennui de la vie de garnison, jouissant de la rente d'un père dont la fortune, fruit des captations de patrimoines, était l'une des plus grosses du Zollernberg. Comme les hommes de son rang, Smith s'était marié à un patrimoine, celui de la branche zollernoise des Venceslas. Mieux, il avait trouvé son épouse à son goût. Fille du richissime Baron de Karlsfeld, elle était réputée de grande beauté. Il l'avait ravi à tous ses prétendants. Belle mais ennuyeuse, il avait mené une vie de mari adultère, délaissant le lit conjugal pour la garçonnière, fréquentant cabarets et maisons-closes. La mort d'une épouse pieuse et dévouée avait été un soulagement accompagné d'une fortune colossale pour héritage. Celle de sa dernière maîtresse une souffrance. Était-ce la perte de l'une ou les prières de l'autres, Smith s'était convertit. Abandonnant l'uniforme et la vie tumultueuse des hussards, il avait rejoint la prévôté. Il montra de réel capacité dans la lourde tâche de prévôt. Elle révéla, celui qui avait été un turbulent soldat comme un homme intègre et soucieux de la chose publique. Smith était devenu un notable respectable vivant confortablement mais sans ostension et avait acquis la réputation d'un haut fonctionnaire compétent et tout entier dévoué au service de la Couronne et de ses administrés. De prévôt, Smith était ensuite devenu Gouverneur, promotion mérité d'un serviteur émérite. L'arrivée de son vieil ami Zabrücksi au gouvernement lui avait donné l'occasion de briller à la tête du portefeuille ministériel délégué aux institutions locales. Arrivé sur le tard et membre mineur du cabinet, il s'était bien acquitté de sa réforme.et avait donné l'image d'un homme de dossier qui jamais ne s'emportait ou ne s'agitait sans raison. La vague libérale qui emporta les conservateurs ne lui avait pas permis d'être élu à la députation pour le Kolstein. La défait électoralement, éloigné de la chambre et des instances du parti conservateur dont il était désormais membre, rien ne prédestinait Smith à devenir aujourd'hui Premier Ministre, à l'âge de soixante-quatre ans. Il lui avait fallu d'abord combattre le tribun Adelzcott afin de se hisser à la présidence, Smith y était parvenu cultivant durant son exil politique son ancrage dans les fédérations locales. Ensuite, autre avait été le pari des élections générales, renforçant l'alliance avec le Zentrum par l'association de ce dernier au PCZ, anticipant la défection des whigs, il avait pu maintenir le candidat conservateur dans les Zorcades face au libéral, emporter la province puis la majorité à la chambre.

En ce jour, le plus inconnu des Premier Ministres remontait le tapis rouges, en costume civil, l'air grave sans sévérité, recevant les honneurs de la Garde Pruzzienne. Accueilli sur le perron par Julius Muller, les deux hommes montèrent au premier étage, traversèrent les pièces en enfilade, des pièces qu'il connaissait pour les avoir fréquenté plus jeune, alors que son père Alexander présidait aux destinées du pays. Les portes s'ouvraient à deux battants. Smith arrivait désormais l'antichambre du Premier Ministre ou trônait les portraits de ceux qui avaient gouverné avant lui et dont il s'inspirerait certainement. Déjà la presse rapprochait son audace d'Alexander de Silverstein qui naguère avait créé le ministère du Trézor. Smith croisa le regard de son père, Premier Ministre lui même, après avoir été le plus jeune ministre de l'Histoire politique du Zollernberg. Ce père, il l'avait toujours admiré, s'y était opposé, s'en était éloigné, et pourtant l'avait aimé d'un amour filial, sans même jamais sentir l'amour ou la considération paternelle dont il aurait eu besoin. De son père, il ne pouvait conserver aucune image de complicité, il regrettait de n'avoir pu dire qu'il l'aimait. Mêler au poids des souvenirs familiaux, le poids de la charge se faisait pesante à mesure que Smith avançait. Rien cependant n'aurait pu l'ébranler. Les portes du bureau du chef du gouvernement s'ouvrirent. Elles se refermèrent. Les deux hommes allaient s'entretenir à huis clos.
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2nd Baron de Lezingham

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