Discours du Trône ouvrant la 27e législature

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Discours du Trône ouvrant la 27e législature

Message par Victor-August Ier le Ven 13 Mai 2016 - 18:54

La cérémonie était séculaire. La monarchie soutenait de ses ors la démocratie parlementaire zollernoise. Veillant à l'équilibre institué par son parent le Grand-Duc Frédéric-Guillaume Ier, le Souverain se tenait à l'écart du gouvernement des hommes et de l'administration des choses, s'appliquant à régner. Régner, ce mot, vidé de son sens par la classe politique qui s'était accaparée les pouvoirs régaliens, trouvait encore écho dans le peuple. Les gouvernements passent, la Couronne demeure, venu du fond des âges, s'adaptant à toute les évolution sans rien renoncé de son prestige. Le Souverain rend témoignage de cette permanence, mieux, l'incarne, et avec elle la grandeur de toute une nation.

Malgré la pluie, les badauds n'avaient pas boudés leur plaisir, acclamant le cortège grand-ducale. Le carrosse du souverain en son centre, escorté des gardes du corps et de cavaliers de la garde-pruzzienne, arriva au Palais de Westernhalen, écrin du parlementarisme, lieu de toutes les querelles, une journée éteinte. Une fois le carrosse du souverain arrivée dans l'enceinte du Palais, les couleurs nationales furent abaissées, l'étendard royal amené : écartelé au 1 et 4 d'azur à l'aigle d'argent armé, becqué et couronné d'argent, au 2 et 3 de gueule au lion d'or armé et lampassé d'azur, armes inchangées de la dynastie régnante depuis près de six siècle. Il flottera sur l'édifice signalant à tous la présence du Souverain en son enceinte. Le Chambellan Duc de Silverstein était là, dans son uniforme pourpre cousu de fils d'or. Pour la première fois, à quatre-vingt-cinq ans l'homme semblait pour la première fois supporter la vieillesse. Pourtant, son visage semblait serein : la Couronne, l'Eglise, la Tradition, tout cela faisait encore écho dans le cœur des Zollernois qui venaient de confirmer et d'amplifier la victoire conservatrice. Il accueillait le souverain. Sa charge le plaçait au cœur de la cérémonie, accompagné d'huissier il prononçait les formules venues de temps anciens qui trouvaient encore sens au Zollernberg : "chapeau bas étrangers !" afin que l'assistance se découvrit au passage du Souverain. Le cortège parvint jusqu'à la chambre des Pairs, le Grand-Duc couronné et paré du manteau écarlate doublé d'hermine rejoignit le trône, vide d'ordinaire. Sa fille aînée et héritière, la Kronprinzezzin Marie-Charlotte prit place à ses côtés. La jeune femme, désormais âgé de vingt-trois ans serait un jour appelée à régner et était plus étroitement associé aux cérémonies de la monarchie.

"Messeigneurs, je vous prie de vous asseoir", à la demande du souverain, le parterre des pairs du Grand-Duché enveloppés dans leur manteau d'hermine s'assit. On pria "Les Honorables députés réunis en Parlement d'assister Son Altesse Royale en la Chambre des Pairs". Les députés rejoignirent les pairs, les premiers debout derrière les seconds assis aux premières places, les Princes, les Pairs ecclésiastiques, les Ducs, les Comtes, les Vicomtes, les Barons, chacun à son rang. La hiérarchie sociale était telle au Zollernberg, qu'il n'était pas parmi de s'y soustraire.

L'on tendit au Souverain le discours qu'il allait prononcer. Dernière illusion de cette cérémonie, l'on donnait au souverain de commander au gouvernement une politique gouvernementale qu'il s'était choisi. Le discours écrit par le Premier Ministre avait été amendé sur des points mineurs, courtoisies que l'on accordait encore à la Couronne pour cette exercice de style de la plus haute importance.
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Victor-August Ier

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Re: Discours du Trône ouvrant la 27e législature

Message par Victor-August Ier le Ven 13 Mai 2016 - 20:00

Les cinq années qui s'étaient écoulés avaient donné un coup de vieux au souverain. A mesure que les années passaient les traits des Cobourg s'affirmaient. Le Grand-Duc désormais âgé de quarante-neuf ans, était désormais bouffi, un début d’arthrose le faisait souffrir à chacun de ses mouvements, portant sur lui le poids du veuvage et de dix-sept année de règne.

Le discours d'une quarantaine de minutes, évoqua tour à tour "la nécessité de défendre des valeurs traditionnelles et l'ordre social", le "renforcement du rôle de l'Etat garant du bien commun, dans le respect des libertés locales" en matière de politique étrangère, lieu de toutes les crispations alors que le Grand-Duché choisissait le Splendide isolement, il annonça "une politique de grandeur et de défense des intérêts du Zollernberg". Enfin, le souverain appela de ses voeux "l'union de toutes les forces politiques du pays afin de réformer, dans un esprit de loyauté et de respect, le système électoral. Cela afin d'offrir, fidèle à notre tradition parlementaire et à l'esprit de nos libertés, une représentation plus juste des opinions, tout en préservant la stabilité gouvernementale nécessaire à la prospérité d'un pays."

La droite exultait, ce discours annonçait le gouvernement des notables après celui des idéologues. L'annonce d'une réforme électorale avait prit de court la gauche qui promettait à tous qu'elle jugerait sur pièce.
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