Les mizères

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Les mizères

Message par Volker Braun le Sam 14 Mai 2016 - 22:10


Les mizères, par Volker Braun (2014)

Les mizères retracent la vie et les itinéraires d'une foule de personnages appartenant au petit peuple zollernois de la capitale au début du XXe siècle. Le personnage central est un ancien bagnard, Johan Wöllen, jeté en prison pour avoir dérobé du pain afin de nourrir des enfants affamés. Condamné à vingt ans de prison, Johan en sort avec la ferme intention de faire payer au monde son injustice. Son dernier vol sera à l'encontre d'un petit vagabond des rues, Franz. Épouvanté par son pêché, et racheté par l'action de l'humble prêtre Herezbury, il se consacrera désormais au bien. Le héros épousera une pauvre femme, servante d'une maison noble jeté dehors après un adultère avec le jeune fils qu'il l'avait séduite, et forcé de vendre son corps aux riches bourgeois de Whilelstaufen. Devenu par son travail un notable, il deviendra bourgmestre, malgré les embûches semés par les perfides Zobonski, et par la traque obstiné de l'impitoyable comissaire Jawhol, incapable d'admettre la rédemption d'un ancien prisonnier. Johan Wollen fuira toute sa vie un passé de bagnard qu'un ordre social injuste s'obstinera à ne pas oublier. Notre héros connaîtra ainsi une foule de métier, mais le rôle qu'il a tenu à merveille restera celui de père de Cozette, orpheline abandonnée sauvée par l'amour du héros.

Ce roman-fleuve relève à la fois de l'épopée sociale et de l'Odyssée du petit peuple. C'est une fresque philosophique où Braun retrace la vie des miséreux et l'on y retrouve toutes ses luttes contre l'injustice, la pauvreté, l'indifférence, le mal et son pourquoi, mais l'auteur y livre la seule arme pour vaincre ce dernier: l'amour.

Ce roman a fait de Braun le héros du petit peuple, qui lui a su gré de peindre ses souffrances. Au niveau national, il a fait de l'auteur la grande conscience de gauche de son temps. Cette faction-là cite volontiers les mots du Docteur Legenz, personnage vertueux du roman  " La misère est le vêtement du genre humain; le moment serait enfin venu d'arracher cette guenille, et de remplacer, sur les membres nus de l'Homme-Peuple, la loque sinistre du passé par la grande robe pourpre de l'aurore." Toutefois, l'ouvrage reste controversé. L'Eglise l'a désapprouvé, en effet, la foi apparaît comme susceptible d’élever les hommes, mais elle reste pour l'auteur une construction intellectuelle. En somme, elle est une chimère, belle certes, mais fausse. Des conservateurs ont également critiqué le fameux "passage des bagnards" où l'auteur décrit une foule de bagnards pieds-nus et affamés, forcés de faire un très large détour dans le froid et la neige, pour ne pas croiser et heurter la vue du Grand-Duc de Zollernberg avant son entrée dans sa bonne ville de Kolstadt.

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Volker Braun

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