Confessions carzinalices

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Confessions carzinalices

Message  Feu Carzinal Smith le Lun 2 Avr 2012 - 23:10

Le Carzinal-Archevêque de Wilhelstadt, Grand Aumônier de la Cour, avait été dérangé en plein travail en ses appartements dans l'enceinte du Palais Apoztolique. Par chance, ils n'avaient été touchés par les bombes Edoranaises qui avaient profané le sanctuaire et épicentre de la Zorthodoxie Sainte et Universelle. Le fiacre aux armes carzinales quitta Zichten Itza passant devant les ruines encore fumantes de la Cité Sainte, avant de rejoindre le boulevard de la Couronne et de pénétrer dans une Cour excentrée du Palais Cobourg. La longue cape rouge rejoignit par des escaliers dérobés les appartements du Grand-duc. Le sol était jonché de cadavres de gâteaux et autres délices, une jeune femme s'enfuyait à la dérobée. Le Souverain avait été la proie d'une de ces crises d'angoisse qui rythmait désormais si souvent ses semaines et rendait l'exercice du pouvoir difficile. Il s'était noyé dans les plaisirs de la chaire et de la nourriture, avant, comme toujours, de s'en retourner aux Dieux. Comme toujours le carzinal recevait la royale confession. Toujours les même pêchés, les même écueils, les même angoisses. Luxure ou gourmandise, le Grand-duc pêchait par intempérance. Le Carzinal confesseur apaisait l'âme pêcheresse et exerçait son élévation.

Le Prince de l'Eglise priait pour son souverain, qu'il voyait déclinant. Des crises de goutte l'empêchaient désormais de se déplacer, son poids le rendait impotant. Jamais il n'avait été aimé, jamais plus il ne se risquerait à aimer. La déchéance du corps accompagnait celle de l'âme. La mélancolie laissait place à la neurasthénie et aux aspirations mortifères. Le Grand-duc en proie au chagrin laissait le gouvernement de ses états à l'intrigue et aux ambitions mégalomanes de quelques courtisans.

La confession se suivait d'une audience informelle au carzinal-archevêque :

- Voyez-vous Monsieur le Carzinal, ces livres de généalogie, ils ont quelques choses de rassurant. Égrainer les noms et les ascendances, voilà qui nous raccrochent à la ligne du temps. Le nationalisme passera mais le Zollernberg lui ne passera pas.
- Sire, la situation est préoccupante. Renvoyez Monsieur le Prince.
- Le puis-je Eminence ? Ils me tiennent tous. Vous pourriez croire que je veuille conserver mon trône et ma position. Je suis né prince cadet d'un rameau puîné d'une branche cadette de la Maison de Zollernberg, rien ne me retiens à cette Couronne.
- Cette charge vous échoit des Dieux Sire ! Vous vous devez à elle ! L'armée est fidèle à Zabrücksi mais quelques régiments vous sont encore dévoués. Ils suffiraient à tenir la capitale et à renverser la dictature princière. Nous devons nous soulever contre la tyrannie ! Le monde entier doit savoir que nous n'étions pas comme eux !
- Monsieur le Carzinal, j'entends votre supplique, je n'y puis rien. La guerre civile balaierait le Grand-duché. L'anarchie en serait le fossoyeur.
- Sire, l'on parle de mesures vexatoire à l'encontre de votre Clergé et des minorités qui sont sous votre sceptre.
- Je sais cela. Encore une fois, qui puis-je ? Je fais le don entier de ma personne au Zollernberg jusque dans le déshonneur de mon nom, pour que le peuple zollernois ne soit pas emporté dans le tourbillon des haines fratricides. J'ai le couteau sous la gorge, ce palais est une prison ! L'on m' interdit de sortir de ces appartements au prétexte de ma sécurité ! Ces gardes en faction sont des geôliers ! Zabrücksi nous protège dise-t-il dans la presse, mais nous qui nous protégera de Zabrücksi ? Si ma mort survenait la Couronne ne doit tomber en de pareilles mains, Eminence.

Le Prélat se signa d'effroi. L'on en voulait à la vie du souverain ? Le Grand-duc se déplaça lourdement à l'aide des béquilles qui le soutenaient désormais et sans lesquelles il ne se déplaçait plus.

- Voilà mon testament, je vous charge de le placer en lieu sûr. Il porte le sceau privé qui l'authentifiera. Il règle la régence si je venais à mourir.

Le carzinal cacha dans la doublure de sa soutane le précieux document cacheté du sceau dit de Friedrich-Wilhelm, sceau particulier du souverain. Les espions du Prince étaient partout.


- Sire que puis-je ? De grâce, je vous en conjure, partez en Kolstein, loin de la capitale, des troupes sûres vous rejoindront. Les traites seront châtiés.
- Je ne le puis. On ne peut rien contre la marche de l'Histoire. Priez Monsieur le Carzinal... Priez pour que le sang qui coulera ne retombe jamais sur le Zollernberg. Le Prince d'Eglise s'agenouilla, et laissa couler une larme d'affection.
- Sire soyez certain de ma fidélité pleine et entière à votre personne.
- Relevez vous Eminence, et accordez moi votre sainte bénédiction.

Le carzinal s'exécuta. Il était émouvant de voir le plus misérable des hommes, relevé par le pardon venu des Dieux, accéder à de si nobles sentiments. Louis le souverain engeôlé consentait à devenir le sacrifice expiatoire au Prince-Serpent, le dieu destructeur de la Zorthodoxie dont le Prince Zabrücksi était le prophète en ce monde.
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Feu Carzinal Smith

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