Hôtel Krippe

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Message par Feu Comte Felgenheim le Dim 6 Mai 2012 - 2:15

Fort de ses rentes culinaires et journalistiques, le Comte Felgenheim s'était offert un appartement particulier sur le Boulevard de la Couronne. Depuis sa démission, il devenait le point d'attraction et de chute de la nébuleuse nationalizte.
On y retrouvaient pêle-mele des ultracistes, conservateurs monarchistes réactionnaires et anti-parlementaires, des panzollernistes déçus par le résultat mitigé de la Grande-Oeuvre, des nostalgiques du Prince Zabrücksi et du Zollernreich, quelques républicains, fermement décidés à faire la peau du "traitre à la Nation " du "semi-édoranais" Louis Ier, des officiers mis en demi solde et ulcérés par la trahison du pouvoir civil, des propriétaires ruinés par les contributions et exemptions grand-ducales finalement inutiles, des débris des anciennes formations ligueuses de la Capitale ainsi que quelques pique assiettes venus se gaver des innombrables petits fours qui garnissaient les tables de la demeure de Felgenheim.
Revenait au propriétaire des lieux de réunir et d'agencer au mieux tout ses divers courants d'opinions. On s'entendait sur la création d'un parti et l'on s'efforçait pour le moment de mettre l'accent sur ce qui rassemblait. Les seules tendances générales étaient la haine d'Edoran, la remise en cause du traité de Pepperstadt, le refus du parlementarisme actuel, la suspicion envers Le Grand-Duc, le PCZ et son équipe au pouvoir et évidemment un "patriotisme ' belliqueux.
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Message par Feu Duc de Silverstein le Jeu 10 Mai 2012 - 20:53

Le Duc de Silverstein monta à la tribune de placé dans le hall de l'hôtel Krippe, il y avait de tout dans l'assemblée, le nationalisme refusait la défaite, et sur la dénonciation des élites au pouvoir faisait recette. Réactionnaire dans son essence, il n'en était pas moins porteur d'une dynamique révolutionnaire. Le Duc de Silverstein était de ceux qui n'admettait pas la capitulation, et œuvrait pour que l'on reforme la société afin d'emporter la revanche. Son discours inaugurait la fondation du PNZ.

Le comte Felgenheim lui tendit la main pour l'aider à monter la tribune. Le duc de Silverstein l'empoigna, bien mal lui en prit ; elles étaient grasses. Il secoua sa main de dégoût, puis prit la parole. Son discours était un pot pourrie où chacun pouvait trouver ce qui lui convenait.



Messieurs,
Chers amis patriotes,


Nous voilà réuni pour fêter la refondation du nationalisme. L'idée qui nous anime est celle de la grandeur du Zollernberg. Nous avons un but sa restauration, un moyen l'action politique.

La capitulation imposé par le gouvernement du Saint-Empire avec la complicité de nos élites partisanes nous la refusons et la dénonçons avec force ! Il faut chers amis, zollernois que la noble idée du patriotisme fait vivre, refonder notre pays, et chasser les traites qui le pourrisse de l'intérieur : le gouvernement et son premier sinistre, le félon Babenberg !

A l'entente de ce nom des hués se firent entendre

Messieurs, notre œuvre serait incomplète si la Couronne n'était pas elle même régénéré. Le Grand-duc en acceptant la capitulation s'est montré coupable de haute-trahison ! Il devra être jugé par ses pairs, être fusiller ou exilé !

La salle s'excitait, les applaudissements se faisaient entendre.

Notre devoir ne s'arrêtera pas là. Nous devrons purger le Grand-duché des sectes non-traditionnels qui ont pervertis son âme : les franz-mazzons, les poséidonistes et les hébraïtes, les étheristes et les colvinistes, alors seulement, expurger des éléments qui le perverti et l'avilie le fière peuple zollernois pourra reprendre la marche de l'histoire qu'il n'aurait jamais dû abandonner et terminer la Grande-Œuvre à laquelle la destinée l'avait convié.

La Zorthodoxie sera remise au centre de la vie sociale, son Eglise soumise au souverain, afin qu'il n'y ait plus d'état dans l'état ! Nous restaurerons les libertés de l'ancien Zollernberg : celles des corporations, des villes et des provinces. Nous entendons restaurer la grandeur du pays en restaurant la grandeur de la Couronne. Nous prononcerons la déchéance du Grand-duc honni. Plutôt la république qu'un Souverain abâtardi par le sang des ennemis de la Nation !

La salle applaudissait, le Duc reprit :

Nous abrogerons le système parlementaire et le régime vicié des partis qui ajoutent toujours du pire aux difficultés que nous vivons. Nous rétablirons la justice et réduirons les coût de l'administration centrale dont nous renforcerons la mainmise sur les prérogatives régalienne. L'autorité en haut, les libertés en bas ; voilà notre credo !

La salle exhultait

Mes amis, nous souhaitons redonner au Zollernberg, les moyens de sa puissance en renforçant la puissance armée contre les politiques de désarmement. Nous ferons cesser la politique de spoliation honteuse du gouvernement, donnerons à tous les moyens de leur subsistance et à celui qui possède la juste jouissance des fruits de son travail et de son capitale ! Nous anéantirons les rouges qui gardent les usines, nous libérerons la force de travail de l'idéologie et donnerons à tous la fierté d'être Zollernois ! Rejoignez ce combat magnifique, rejoignez le PNZ !

Vive la Nation ! Vive le Zollernberg !

La salle ne retenait plus ses vivats. Et l'on affluait vers les tracts d'adhésion



Dernière édition par Duc de Silverstein le Jeu 10 Mai 2012 - 23:55, édité 1 fois
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Message par Feu Comte Felgenheim le Jeu 10 Mai 2012 - 21:31

Le Comte von Felgenheim applaudissait bruyamment. Voila la pièce qui manquait au rassemblement patriote. Un brillant orateur, qui plus est issue d'une très vieille et noble famille zollernoise.
Sous les vivats de la foule, le comte monta sur la tribune et prit la suite.


-Messieurs, mes amis patriotes, de ce jour et de ce lieu date une nouvelle ère de l'histoire du Zollernberg. Le PNZ est crée, il sera l'instrument de la liberté et de la gloire de la patrie. Chers amis, reprit le Comte pour se faire entendre du brouhaha de joie, nous allons arracher notre pays aux mains débiles et corrompues ! Réveillons la formidable puissance du Zollernberg endormi, Liberté, unité, patrie !!

A voix basse, il ajouta à l'adresse du Duc.

-Monsieur,je vous serais longtemps gré de ce beau discours. Agencer tous les patriotes est une tache ardue, nous avons désormais un programme commun.
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Message par Feu Duc de Silverstein le Jeu 10 Mai 2012 - 21:39

Le Duc de Silverstein fut quelque peu gêné. Felgenheim en plus d'avoir les mains grasses sentait l'huile de friture. Il y avait aussi une odeur épouvantable.

- Cher comte, vous avez mangé de l'andouille au dîner ?

Felgenheim fut interloqué, et à Silverstein de poursuivre

- Qu'importe, nous avons un programme, un parti, un siège, des députés au Parlement ; peut être pourrions nous réunir un conseil politique ? Il nous faut une tête et un bureau politique.
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Re: Hôtel Krippe

Message par Feu Comte Felgenheim le Jeu 10 Mai 2012 - 22:09

- Non, cher ami, j'ai mangé de la vomillette de veau, une de mes nouvelles inventions culinaires, vous aimez ?

Le Comte claqua des doigts à l'attention de ses serviteurs alors que le Duc de Silverstein tentait poliment de faire comprendre au Comte qu'il était quelque peu barbouillé ces temps-ci et que ce n'était pas nécessaire de déranger son monde.

- Ah, fort bien, vous ne savez pas ce que vous manquez.
En ce qui concerne le parti, je crois que le moment n'est pas vraiment importun.La capitale est au bord de l'insurrection, malgré mes interdictions lorsque j'étais ministre et mes conseils répétés lorsque je suis retourné au civil, Zanz Külloth le fou furieux s'est résolue à servir le Zollernberg en mettant la ville dans un état d'anarchie complet. Une création maintenant nous associerait à ces regrettables désordres et le gouvernement ne manquerait pas de saisir l'occasion d'interdire notre mouvement.
Je vais mettre mon hôtel à la disposition du PCZ. D'ici le retour de l'ordre, nous convoquerons les cadres régulièrement afin d'écrire les statuts du parti et nous procéderons à l'élection d'un bureau et d'un président.
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Message par Feu Duc de Silverstein le Jeu 10 Mai 2012 - 22:37

Silverstein fronça les sourcils, s'éloigna de la foule afin de s'entretenir avec le comte malodorant.

- Felgenheim vous déraisonner, nous acoquiner avec les conservateurs qui ont vendu notre pays ! Jamais ! Les députés du Silverstein et du Zabrück nous ont rejoint, ceux du Wasserland sont sur le point de nous rejoindre. Il ne suffit plus que de convaincre Fussgänger leur chef. La chose sera facile. Certes l'homme d'église a toujours tari d'éloge à l'égard de Monsieur le Prince, il cherche depuis des années et en vain, de retrouver la faveur du Grand-duc. Comptant son sa désillusion, il suffira de lui promettre l'archevêché de Zotterdam qu'il convoîte pour nous en faire un allié. Rendez vous compte enfin ! Nous pouvons réunir assez de députés pour faire tomber le gouvernement ! Je ne déserterai pas ! Gardons le silence sur les émeutes, laissons les conservateurs se charger d'expurger les éléments extrémistes de notre mouvement et la racaille qui s'y est agrégée. Nous pourrons toujours en faire des martyrs.

Le Duc en bon chef militaire savait décidément sacrifier ses soldats à l'intérêt supérieur de la Nation
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Message par Feu Comte Felgenheim le Jeu 10 Mai 2012 - 23:05

- Il ne s'agit point de s'acoquiner avec les conservateurs, cela n'a jamais été mon propos. Soyez bien certains que je ne vois pas le PNZ dans une opposition stérile et boudeuse mais bel et bien aux affaires.
Nous ne pouvons faire tomber le gouvernement. Le grand-Duc a les pleins pouvoirs et il n'est responsable que devant lui. Pour autant soyez certains que Louis Ier fera dissoudre le Parlement et commander de nouvelles élections sitot que ceux-ci arriveront à leur terme. Nous prendrons Cobourg ainsi, je n'en doute point, le PCZ est mort, nous l'avons complétement vampirisé. Nous n'aurons même pas besoin de Füssganger, d'ailleurs je doute qu'il se rallie à nous. Il brigue la tête du PCZ et entend mener par le bout du nez le jeune Zabrücksi.
En ce qui concerne ce jeune homme, bon sang ne saurait mentir. C'est par timidité d'esprit et pour ne point faire de vagues qu'il s'est rangé du coté des conservateurs. Je ne doute point cher ami qu'il retrouvera sa place parmi nous sitôt que nous serons en position de force.
Je le connais un peu, je l'ai sondé à Pratz et j'ai retrouvé en lui les qualités et la vertu de notre défunt guide.
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Message par Feu Duc de Silverstein le Jeu 10 Mai 2012 - 23:26

Le Duc fit une mou de dédain

- Fi ! Vous calculez bien mal. Le Grand-duc ne dissoudra pas la chambre, rien ne l'y oblige. Nous n'avons qu'à attendre que le fruit soit mur. Pensez vous sérieusement que les ligueurs puissent être vainqueur. Ils seront balayés sans avoir fait aucun mal. Non content de manquer de sens politique vous semblez manquer de sens militaire : il en sera bientôt fini des ligueurs, sans que leur sang ne tâche nos mains ; nous aurons alors un boulevard devant nous. Dès la fin des pleins pouvoirs, dans quatre jours, nous ferons déposer une motion de censure, nous emporterons la majorité, le gouvernement sera renversé et alors nous pourrons prétendre à rentrer au gouvernement. Le PNZ devra tirer à boulets rouges sur les conservateurs comme sur les libéraux. La présence des deux partis au gouvernement ne montre-t-il pas d'ailleurs qu'ils sont les deux faces d'une même pièce ? Allons Felgenheim montrez-vous ambitieux, qu'avons-nous à perdre nous ! Nous nous battons pour une certaine idée du Zollernberg ; qu'importe nos vies, nos biens et nos titres si notre mouvement nous survie. Encore faudrait-il que nous soyions menacés. Je m'occupe de ranger Fussgänger à nos idées. Et que diable cessez avec votre fascination sans borne pour les Zabrücksi, eux comme vous ne chiez toujours que par le même trou !

L'on senti dans cette dernière prose tout ce qu'il y avait de dur et d'abrupt chez l'ancien officier de marine.
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Re: Hôtel Krippe

Message par Feu Comte Felgenheim le Jeu 10 Mai 2012 - 23:55


- Il dissoudra la Chambre car elle ne correspond pas à ses vœux. Elle est a quatre vingt pour cent nationaliztes et il veut un gouvernement d'union national. Dans le cas ou il éventerait le piège, nous procéderons comme vous l'entendez.
Je parlais de prendre Cobourg par la voie des urnes, soyez bien certains que je ne compte pas sur les ligueurs à moitié composé d'alcooliques et de partageux. Non mais pensez donc, ils m'ont traité de gros poulet, pensez-vous, y a t-il quelque chose en moi qui évoque ce stupide volatile ?

Sur ces fortes paroles, le Comte secoua nerveusement la tête dans un sens tout négatif. Son double menton vibrait encore quand il leva brusquement les yeux vers un de ses serviteurs portant du von Felgenheim.
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Re: Hôtel Krippe

Message par Erwin Schlesien le Lun 14 Mai 2012 - 0:51

Erwin von Schlesien avait passé plusieurs mois difficiles. L'homme avait rénové les théories panzollernistes, mais son véritable coup d'éclat avait été de les populariser dans la population. Les Grands du Royaume avaient suivi ainsi que la presse. En consécration finale, Erwin avait été fait ministre.
Sa carrière politique avait été plus difficile. Le penseur rêveur qui se plaisait à écrire toute la nuit dans le confort de son petit manoir avait été confronté à la violence et à l'absence de répit qu'imposait la politique à Whilelstaufen. Il avait péché par républicanisme et par précipitation dans l'affaire du Nordenmark. Pire, c'était Lezingham qui recueillait la gloire de l'annexion.
Par la suite, il s'était beaucoup démené et ce en vain. Il avait exhorté le défunt Prince Zabrücksi à prendre le Crassland et le Crassberg au plus vite. Il n'avait pas été écouté et c'est presque en simple citoyen qu'il avait appris que le Zollernberg capitulait sans condition alors que son potentiel économique et militaire était encore intact.
Schlesien s'était retiré en Nordenmark et avait cuvé sa tristesse dans la vozka. Les intentions de la nation avaient été bonnes, son Champion, le Prince était pourtant tombés en vain. Le panzollernisme allait perdre l'État après avoir perdu la guerre.
Le penseur avait été pourtant l'un des premiers zollernois à comprendre que les choses n'allaient pas tourner ainsi. L'odieux traité de Pepperstadt avait donné une seconde jeunesse au nationalizme. Le panzollernisme n'était pas une simple passade politique, mais il devenait au sein de la population un puissant revanchisme et un fort vecteur antiparlementariste et gouvernementale.
Aussi, Schlesien, ivre de joie s'était rué à l'acte de naissance du PNZ. Il avait tâté le pouls de la population en chemin. Ce parti-là serait bientôt le premier. On mettrait dehors le pleutre Babenberg et on chasserait le podagre et incapable Louis Ier.


- Monsieur le Duc, votre analyse est sans faille. Je crois être le seul parmi vous ayant un poste de député ? Je me charge de renverser le gouvernement. Je ferais passer la motion de censure sitôt que les ligues auront été réprimés.
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