De retour des Zorcades

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De retour des Zorcades

Message par Julius Muller le Dim 13 Mai 2012 - 2:13

Depuis la fin de la guerre, les trains ramenaient à la capitale grand-ducale plusieurs dizaines de milliers de soldats démobilisés, des blessés, des veuves montant à la capitale pour réclamer au Ministère du Trézor leurs pensions. Les liaisons étaient assez nombreuses et faisaient que la gare était un endroit en perpétuel chahut et la prévôté veillait au grain a ce que les petits malins ne dépouillasse pas les nouveaux arrivants. En fin de journée, une des dernières liaisons en provenance de Zozolulu entra alors en gare. Le locomotive portait les armes de la province des Zorcades sur sa carlingue et était cabossée. Elle portait sur elle les stigmates que porteront désormais sa province d'origine. Ce que plusieurs badauds sur les quais ne manquèrent pas de remarquer. Arrivant au bout de la voie de garage, le train s'arrêta bruyamment dans d’importantes volutes de fumée.

Les passagers descendaient, pressés. Les retrouvailles faisaient retentir les quais de cris de joie et d'embrassades. Dans le train, dans un wagon de première classe, le Major Julius Muller attendait. Même en première, les gens s'agglutinaient pour sortir le plus vite possible du train. Julius n'était pas homme à se hâter. Une fois le wagon un peu plus calme, il se leva doucement et sortit du wagon en attrapant son sac de l'armée. Il se rappelait de son arrivée à Wihelstaufen en 2008.

Le jeune soldat était monté à la capitale, jouant de ses quelques relations paternelles pour rentrer à Zandhurzt. Il avait d'ailleurs été reçu par le comte de Zunderland, l'homme le plus puissant de Wihelstaufen à l'époque. Et son admission a été obtenue assez rapidement. Depuis Zandhurzt, le sous-lieutenant Muller avait parcouru le Grand Duché puis son empire, vie de caserne, vie de vagabond. Suivit ensuite un poste de conseiller militaire aux Zindes jusqu'en 2011 et enfin, ce qui devait être un moment de tranquillité dans la carrière : un poste en garnison à Zozolulu. Le hasard de la guerre a voulu que le combat décisif de cette guerre se déroule sur les cotes des Zorcades pendant que la marine et l'aviation d'Edoran ne labourent les terres déjà torturées par le vent et la mer des iles du sud de la métropole zollernoise. La base militaire ou Julius était cantonné a été intégralement anéantie, son bataillon de grenadiers a vu la moitié de ses hommes disparaitre lors du bombardement des quartiers et l'autre moitié a péri petit a petit dans les villes alentours en portant secours aux civils et en assurant le service de pompiers et de secouristes sous les obus de la flotte d'Allancia. Lorsque que la relève arriva sur place, le régiment auquel appartenait Julius alignait les effectifs de deux grosses compagnies, la quasi totalité des officiers morts, il assura la direction du régiment avant que le Ministère des Affaires Extérieures ne décide de le dissoudre. Sans affectation et ayant obtenu une permission de longue durée, il s'est décidé à revenir à la capitale. L'idée était de réactiver quelques vieux contacts pour obtenir une affectation pas trop mauvaise... Dans le chaos ambiant qui gagnait le Zollernberg d'après guerre, il y avait des places à prendre et pas forcément que dans l'armée. Julius était déterminé.

Sortant de la gare, l'atmosphère était tendue. Julius dut satisfaire à deux contrôles d'identité rien qu'en sortant de la gare, les agents de la prévôté étaient nerveux. Ils n'avaient plus cette vénération de l'uniforme qui avait court avant la guerre. Avant, l'uniforme d'officier était un sésame qui ouvrait tout. Une époque était visiblement entrain de se terminer. Des grappes d'hommes en colères arpentaient les rues, frappant les jeunes et les étudiants qui refusaient de les suivre. Un autre groupe poursuivaient un boutiquier krasslandais effrayé et vociférant. Dure période pour le Zollernberg.

Son sac sur le dos, son uniforme impeccable et sa casquette sur la tête, l'officier put traverser la ville sans encombre, les agités du type de ceux croisés aux alentours de la gare qui venaient a sa rencontre étaient plutôt amicaux et certains, malgré leur tenue civile, exécutait un salut militaire en l'abordant. L'un d'entre eux le héla alors qu'il passait :

- Mon Commandant ! Venez avec nous !
- Ne m'appelez pas "mon commandant"... A moins que vous ayez le projet de vous enrôler prochainement...
- Mais je suis enrôlé ! Caporal Zimmelstoss ! 4e Chasseur !

Julius s'arrêta de marcher, toisant l'importun

- Je ne connais pas ce régiment...
- Le meilleur mon Commandant ! Et vous, on vous a envoyé ou ?

Les hommes commençaient à se rapprocher.

- Aux Zorcades, c'est de là que je viens.

Le brouhaha qui entourait Julius se tut brusquement. Les Zorcades, la province sacrifiée ou l'edorannais avait déchainé l'enfer était un nom qui avait une résonnance particulière. Cela se sentait.

- Mon Commandant, vous revenez des enfers ! Nous allons prendre le Parlement pour déloger les criminels défaitistes qui nous ont poignardés dans le dos ! Venez avec nous !
- Caporal, je suis un homme fatigué...
- Pour la patrie, on ne peut se permettre d'être fatigué !
- Je le sais, mais on m’attend. Et ne répondez plus ainsi à un officier ou je vous fais pendre !

Le ton monte et la troupe grogne. Julius comprit que l'autorité naturelle de l'uniforme ne suffirait jamais plus, il fallait ruser.

- Donnez-moi un endroit où vous revoir, je viendrai plus tard.
- A la bonne heure ! cria alors Zimmelstoss ! Venez donc nous voir à la Brasserie du Zygne sur l'avenue des Gardes Noirs ! Nous y passerons la soirée après avoir pendu ces cochons de députés !

Après plusieurs tapes dans le dos, ils laissèrent partir Julius qui put rejoindre son petit appartement dans le centre de la ville. La vieille concierge lui tint la jambe pendant une demi-heure pour s'enquérir des informations du monde.

Enfin seul alors que le jour déclinait, il put défaire ses affaires en écoutant, par la fenêtre ouverte, l'Histoire se démener dans la rue de la capitale plongée dans une agitation fébrile qui ne lui était pas familière. Il put, après quelques menus rangements, se laisser gagner par un sommeil sans rêve.

Au lendemain, Julius se rendit alors au télégraphe pour solliciter une entrevue au Ministère des Affaires Extérieures, au service des affectations ou il avait conservé quelques amitiés :

Major Julius Muller, matricule JM-M-158-987-54 sollicite rendez vous au service affectations du MAE STOP A la disposition du Ministère pour les 28 prochains jours STOP
Il paya et signifia l'adresse de portage pour le retour de télégramme.

Le reste de la journée se fit en civil dans les rues de la ville pour observer le chahut, ce drame zollernois qui se jouait chaque jour ici et qui remettait en cause jusqu’aux fondements même de la culture zollernoise.
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Re: De retour des Zorcades

Message par Feu Duc des Zorcades le Lun 14 Mai 2012 - 1:50

La Wilhelmshof, siège du ministère des affaires extérieures en charge de la guerre, commençait à émerger. Le réveil avait été brutal. L'on avait d'abord cru à une simple émeute que la Prévoté, dépendant hiérarchiquement du ministère des affaires intérieures, pouvait après tout bien résoudre. Puis l'on s'était aperçu, assez tard pour qu'il en soit fait reproche aux responsables du ministère, le Premier Ministre et Ministre des Affaires Extérieures en tête, de la gravité de la révolte. C'était une menace de coups d'Etat. Il faut dire que le Duc des Zorcades vieillissait et n'était plus aussi alerte. Voilà qu'un obscur major au nom qui n'était pas tout à fait inconnu sauvait la face de l'armée et la tête du ministre, on lui répondit :

Félicitons votre esprit d'initiative STOP Etes nommé Lieutenant-Colonel STOP Vous confions le commandement du 7ème de Grenadiers STOP Lancez la répression STOP Vous recevrons dès demain STOP
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