Un retour agité

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Un retour agité

Message par Julius Muller le Mar 23 Avr 2013 - 23:05

Poste frontière 402, frontière krassbergo-zollernoise.
22 avril, un peu après 23h.

Depuis l’élévation du niveau d’alerte militaire entre le Zollernberg, le Krassland et ses dépendances, l’ambiance s’était refroidie sur les différents postes de surveillance des frontières.
Sur la frontière zollerno-krasslandaise, les rapports entre les garde-frontières ne ressemblaient en rien aux relations qu’ont eues et ont actuellement les deux pays. Il était fréquent que les militaires des deux pays se retrouvent, au hasard d’une patrouille, cheminent ensemble avant de partager un peu de Zchnapz ou un morceau de krasswurst que l’un ou l’autre avait dans sa besace. Depuis que le Krassland avait retrouvé un gouvernement fort – et ses revendications territoriales – tout a changé. Les comportements amicaux furent peu à peu remplacés par la méfiance, les garde-frontières furent appuyés de troupes fraiches, venant de l’intérieur des deux pays pour monter la garde et attendre une guerre qui devenait de plus en plus probable.

L’adjudant Krohn dirige le poste 402 depuis trois ans, il a servi le Grand Duché depuis plusieurs décennies et a eu l’occasion de s’illustrer quelques années plus tôt lors des Guerres Zindiennes, l’expédition zollernoise en CSH. Il achevait là ses derniers mois de bons et loyaux services dans l’armée de son souverain et n’était pas mécontent de partir alors qu’une nouvelle guerre se profilait. Comme chaque jour, Krohn, assurait le fonctionnement de son poste, envoyant quelques patrouille dans sa zone de couverture, pourchassant les contrebandiers krasslandais qui essayaient de faire passer, comme depuis plusieurs mois, de l’alcool et des marchandises de contrebandes et de contrefaçon. La dernière grosse cargaison portait sur de l’Ydel frelaté porté à dos de dahu et qui a fait le bonheur des camarades de deux autres postes environnants.

La dernière patrouille de la journée allait rentrer et le dernier transporteur attendu, un convoi de savonite krasslandaise venait de passer la frontière pour se rendre à Zollenheim. L’équipe de nuit allait prendre son service pour les huit heures à venir.

C’est alors que de l’autre coté de la frontière, des cris se font entendre ainsi que le hennissement strident de plusieurs chevaux. Les bruits de ces derniers semblaient se rapprocher. Les garde-frontières zollernois qui faisaient le pied de grue devant la barrière s’avancèrent de quelques pas pour distinguer, dans la demi-pénombre, ce qu’il se passait de l’autre coté.

Deux chevaux s’engagent sur la portion de route franche qui sépare les deux postes frontières au triple galops, au même moment des coups de fusils sont tirés depuis les postes de surveillances krasslandais. Au poste 402, c’est l’alarme, les vingt quatre hommes du poste rejoignent leurs positions de combat, arme à l’épaule.

Les deux bêtes sortent des ténèbres a quelques dizaines de mètres du poste zollernois, s’avancent, s’avancent encore puis les deux chevaux bondissent au dessus des barrières avant d’être arrêtés par plusieurs des gardes zollernois, armes au poing.

- Halte là ! fait un garde

Deux gardes frontières krasslandais s’étaient risqués dans la zone franche, poursuivant ceux qui leur avait échappé, ils furent découragés par les coups de semonce tirés par les zollernois en faction. Sur les chevaux, deux hommes, simplement vêtus et couvert de vieilles vareuses de cavalier râpées et déchirées, aussitôt les krasslandais renvoyés dans leur guérites, les deux importuns ont été descendus de leurs montures et trainés à l’intérieur du poste.

Assis sur deux tabourets, ils sont alors prestement présentés à Krohn

- Messieurs… vous venez de faire notre soirée… Il n’y avait plus eu d’animation par ici depuis trois bons mois
- Heureux de vous apporter de la distraction adjudant.
- Hum…

L’accent de l’interlocuteur sautait à l’oreille du sous officier, ce n’était ni du krasslandais, ni du zollernois.

- Vous nous posez quelques problèmes…
- C’est clair… M’enfin nous ne pouvions pas ne pas rentrer chez nous !
- Vous êtes zollernois ?
- Tous les deux oui.
- Vous avez des papiers ?
- C’était trop dangereux pour nous je le crains.
- De quoi attester votre identité ?
- Malheureusement non… Voici mon collègue, le major Heinrich Kageneck et je suis le major général Julius Muller, de l’armée de Zollenheim.

Les douaniers laissèrent passer un instant. Les deux hommes qu’ils venaient de récupérer n’avaient rien de deux officiers supérieurs de l’armée grand-ducale. Krohn enchaine alors :

- Si vous êtes ce que vous dites être, je ne vois pas ce que vous iriez faire au Krassland…
- En réalité, nous ne faisions que passer pour rentrer chez nous.
- Et d’où venez-vous ?
- Du Krassberg…
- A la fin de l’hiver… un endroit agréable. Pour affaire ou loisir ? lâche cyniquement Krohn
- Ni l’un, ni l’autre. Nous avons été enlevés !

Krohn en avait assez entendu. Il se tourne vers l’un de ses sergents :

- Bouclez-les… Je prépare mon rapport que vous ferez télégraphier à Zollenheim par l’envoi du matin.

Le second homme qui n’avait rien dit jusqu’alors se lève après que l’adjudant ait donné ses ordres

- Adjudant, vous faites une grosse erreur, le général revient de plusieurs mois de captivité et…
- Et je ne sais pas qui vous êtes ! Mais vous venez de forcer deux postes frontières, qui me dit que vous n’êtes pas des agents krasslandais ! Je ne veux pas prendre de risque. Je contacte la prévôté de Zollenheim et le gouvernorat, ils feront de vous ce qu’ils voudront !

Les deux hommes furent alors emmenés dans les sous-sols du poste frontières et mis derrière les barreaux.

La nuit s’est ensuite passée sans encombre.

Au matin, le rapport de la nuit fut adressé par le poste 402 à la direction gouvernorale des douanes et au commandement régional des forces armées. Outre les détails habituels, il comportait le rapport atypique du chef de poste. Ce dernier ne manqua pas d’attirer l’attention de l’officier analyste en charge des frontières. Le rapport fut transmis au major en charge du service à Zollenheim, une copie partit immédiatement pour les ZZZ à Wihelstaufen, une autre atterrit au secrétariat du Gouverneur du Zabruck et une dernière prit la route du Ministère des Affaires Extérieures. C’était un incident de frontière mineur, mais la capture éventuelle d’agents krasslandais était une occasion inespérée d’avoir des renseignements sur ce qui se passait de l’autre coté de la frontière.

A 9h, les deux prisonniers reprenaient conscience dans leurs geoles... Ils étaient en sécurité... un peu trop d'ailleurs.
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Re: Un retour agité

Message par Julius Muller le Ven 3 Mai 2013 - 15:19

Le jour était levé depuis plusieurs heures et les deux prisonniers du poste frontière étaient déjà réveillés. Ils avaient reçu une maigre pitance comme déjeuner et attendaient. Un de leurs gardiens leur avaient annoncé qu’ils seraient transférés.

La matinée avait passé, au fil des quart des gardiens, des passages sporadiques de l’adjudant Krohn qui venait poser des questions aux prisonniers.

A 11h enfin, une voiture à chevaux quittait le poste pour Oberzolldorf, la petite ville qui jouxtait la frontière et qui était la plus proche comportant un bureau de prévoté et des cellules pour accueillir les prisonniers.
L’inspecteur de 2nde classe Karl Trauer prit alors en charge les deux prisonniers pour les soumettre a un premier interrogatoire en commençant par Julius :

- Je suis l’inspecteur Trauer de la Prévôté, je suis chargé de procéder à votre interrogatoire. Dans la mesure ou vous avez été capturé sur la frontière krasslandaise et du caractère particuliers de vos révélations éventuelles, vous ne pouvez faire valoir vos droits à la défense. Je serai assisté par le lieutenant Kramer qui représente les ZZZ.
- …
- Bien, pourriez vous me rappeler vos noms et qualités s’il vous plait ?
- Julius Muller de Battenberg, Major Général dans l’armée zollernoise entre autre choses.
- Entre autre chose ?
- Commandant de l’armée de Zollenheim, président du PLZ, gouverneur de Wihelstein, chevalier de l’Ordre de la Couronne et cætera, et cætera.
- Hum… Le Général Muller est porté disparu depuis plusieurs mois…
- Je sais. J’ai été enlevé pendant que je rassemblait l’armée a Zollenheim en prévision de l’attaque du Nordenmark.
- Enlevé ? Par qui ?
- Des merksistes-luninistes.

L’inspecteur et l’officier de renseignements regardèrent Julius, interdits, avant de rire bruyamment. Le lieutenant des ZZZ reprit :

- Des merksistes-luninistes en activité dans le Grand Duché ? C’est tout ce que vous avez ?
- C’est ce qui s’est passé lieutenant. J’ai été attaqué avec mon escouade d’honneur alors que je gagnait mon poste de commandement à Zollenheim. Ils agissaient pour le compte des insurgés du Nordenmark.
- Qui ne sont pas vraiment des merksistes-luninistes…
- Non, mais les doctrines sont proches. Ceci dit, il s’agissait de krasslandophones en cavale.
- Et quel intérêt y avait t’il a vous enlever ?
- Mon ravisseur était l’ancien premier seckretaire du PMLK de Krassenbaden, il avait rassemblé plusieurs dizaines d’hommes dans le Crassauerstein après la reconquête zollernoise. Il menait avec ses hommes des actions de guerilla dans la région, volant du bétail, de la nourriture et attaquant des postes de prévôté. Le soulèvement au Nordenmark était l’occasion de rallier un régime frère. Ils souhaitaient y arriver avec quelques que chose pour prouver leur bonne foi.
- Vous donc…
- Voila.
- Et pourquoi avoir gardé votre comparse en vie ?
- Le Major Kageneck était mon chef d’état major, toute mon escorte a été liquidée mais ils l’ont laissé en vie. J’ignore pourquoi mais sa présence m’a été d’une grande aide par la suite.
- Ils vous ont emmenés en Nordenmark ?
- Non, nous avons été transféré au Krassberg, dans un camp de partisans. De là, plusieurs officiers de l’ex-armée populaire du Krassauerstein devait préparer l’organisation d’une brigade populaire censée porter secours aux nordenois.
- Vous êtes plutôt bien informés pour un prisonnier…
- J’ai été interrogés a plusieurs reprise, ils m’ont laissés filtrer des informations diverses, quand elles ne m’étaient pas dites directement.

L’officier des ZZZ, silencieux pendant l’entretien intervint alors :

- Excusez moi mais… Nos services n’ont a aucun moment détectés la présence d’unités krassauersteinoises dans l’ordre de bataille des insurgés.
- Non effectivement. Cette brigade n’a jamais pris la route du Nordenmark.
- Ah ?
- Au bout de quelques semaines, le camp a renvoyé plusieurs dizaines de dahus d’une fraction luniniste extrémiste. Ils refusaient d’être commandés par des hommes et ne s’intégraient pas. Le renvoi a eu pour conséquence de cliver le groupe entre les partisans merksistes et les dahus. Au bout de deux semaines, ce clivage dégénéra en combats ouverts.
- Des merksistes et des luninistes qui se tapent dessus ?
- Oui voila…
- Et vous dans tout ça ?
- Kageneck et moi avons fui au début des combats. Nous étions a l’époque avec plusieurs prisonniers zollernois, ils ont préféré rester.
- Que sont ils devenus ?
- C’est une très bonne question.
- Et vous deux alors ?
- Nous n’avions ni vivre, ni armes, ni moyens de nous repérer. Nous nous sommes éloignés le plus possible du camp. Nos premières rencontres avec des paysans du Krassberg se sont assez mal passées. L’accent zollernois de Kageneck l’empêchait de parler, pour ma part mon accent maurésien attirait également l’attention. Nous avons vécu de chapardage pendant plusieurs mois, nous orientant du mieux que nous pouvions.
- Vous avez mis tout ce temps pour repasser la frontière ?
- Non, Kageneck a été blessé il y a trois mois par des braconniers zollernois venus au Krassberg chasser le dahu. Nous avons passé les derniers mois dans un couvent dédié à Saint Krassimir, les sœurs soignèrent mon ordonnance. Nous avons pu avoir de quoi manger, une carte et des vêtements il y a une semaine.
- Vos chevaux étaient compris dans l’ensemble ?
- Non, nous les avons volés dans un relai routier a quelques kilomètres de la frontière.
- Et vous êtes venus forcer le poste frontière pour revenir ?
- Voilà.
- Et vous n’avez rien qui puisse justifier de votre état ?
- Sur moi non, mais je peux vous laisser mon adresse a Wihelstaufen, vous y trouverez mes papiers militaires ainsi que les références qui vous permettront de m’identifier auprès du commandement.

Les deux hommes acceptèrent de prendre les renseignements donnés par leur prisonnier. Ces derniers, avec un rapport circonstancié fut envoyé à la capitale.
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Message par Feu Comte Felgenheim le Ven 3 Mai 2013 - 19:06

Zollenheim, le 3 mai 2013.

Monsieur le Major-Général,

C'est avec un grand plaisir que j'ai eu vent de votre miraculeux retour. Les services du gouvernorat de Zabrück m'ont fait part de vos péripéties. Cependant, les plus folles rumeurs courent encore à votre sujet. L'essentiel est que vous soyez vivant.
Je désire vous rencontrer. Je suis certain de pouvoir vous aider à vous remettre en selle. D'ailleurs, je ne doute pas une seule seconde que notre gouvernement saura employer de nouveau un officier de votre valeur.
Présentez-vous au gouvernorat le plus rapidement possible, je vous prie.

Recevez, Monsieur le Major-Général, l'assurance de ma plus vive sympathie.

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Re: Un retour agité

Message par Julius Muller le Lun 6 Mai 2013 - 22:22

La missive du Gouverneur a eu l’effet d’une bombe a la prévôté d’Oberzolldorf, aussitôt reçue – et décachetée par l’officier référent des ZZZ – les deux prisonniers récupérèrent immédiatement leurs statuts respectifs. S’ils ne purent pas obtenir immédiatement d’uniformes, ils purent mettre la main avec le bon concours du bourgmestre sur des tenues de ville présentables. Après avoir fait un nouveau débriefing avec l’officier des renseignements et apporté quelques éléments supplémentaires à leurs dépositions, les deux officiers allèrent déjeuner avec le bourgmestre. Dans l’après midi, les deux hommes prirent la décisions de se rendre au gouvernorat pour répondre à l’invitation du Gouverneur et remercier ce dernier pour avoir intercédé en faveur de ceux qui étaient quelques jours avant, des inconnus et potentiellement des ennemis de l’Etat.

La municipalité et la prévôté avait, respectant l’uniforme plus que de mesure, pris en charge tout les frais inhérents au déplacement des deux hommes. Après la tenue, le repas, la bonne bouteille de mousseux de Krazzau (un mousseux krasslandais choisi par Julius lui-même dans la cave de l’auberge du Bourgmestre, ce qui ne fut pas sans mettre ce dernier mal a l’aise au vu de la situation), les deux hommes quittèrent la ville dans la liaison de l’après midi pour Zollenheim. En deux heures, ils furent dans la capitale du Zabruck et il fallut une heure de plus, après s’être égaré dans la vaste ville, pour arriver au siège du gouvernorat.

Après s’être présentés, les deux hommes furent priés d’attendre, le gouverneur était occupé. De dehors arrivait les éclats de voix d’hommes de sortie, un peu désorienté par les litres de bières ingurgitées et profitant des premières agapes de la Zollfest.
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Re: Un retour agité

Message par Feu Comte Felgenheim le Lun 6 Mai 2013 - 23:14

- Qu'il entre, qu'il entre ... fit le Comte Felgenheim en se redressant dans son fauteuil. Vous pouvez disposer belle enfant.

La jeune femme s'effaça, et un homme de haute stature entra que le Comte Felgenheim reconnut aussitôt. Il s'agissait bien du Major-Général Muller. Le gouverneur du Zabrück le connaissait bien. Le Maurésien d'origine avait coordonné l'opposition libérale lorsqu'il était lui-même Premier Ministre. Agacé par ce personnage, le Comte l'avait éloigné de la capitale et l'avait rendu tributaire de son gouvernement en le mettant à la tête de l'armée de Zollenheim, destiné à reconquérir la Zaxe rebelle. Muller avait d'ailleurs, largement échoué dans cette tache, et s'était volatilisé on ne sait où.

- Bonsoir Monsieur le Major-Général. Hé bien, soldat, votre histoire est à peine croyable. Courrez au prochain office zorthodoxe et rendez grâce aux Dieux. Vous êtes un miraculé.

Le Gouverneur du Zabrück mit un peu d'ordre dans ses papiers, alors que Muller patientait. Enfin, il reprit la parole.

J'ai pris sur moi de signaler à Whilelstaufen votre retour. Vous aurez la satisfaction d'apprendre que vous n'avez pas été rayé des cadres de l'armée. L'on vient de me confirmer votre grade. Cependant, vous devez savoir que vous n'êtes plus commandant de l'armée de Zollenheim. Celle-ci a été confié à Wolfenbüttel. C'est un bon officier rigoureux et extrêmement capable mais qui commence à bien mal vieillir au demeurant ...

Le Comte continua sa digression.

- Sans doute savez-vous que vous n'êtes plus non plus le président du PLZ ? Le Comte Felgenheim eut un sourire canaille, et adressa à son invité un clin d'œil.
Au vu des derniers résultats de ce parti, n'est-ce pas aussi bien que votre nom ne soit pas associé à cette ... débâcle ?

Enfin, qu'importe, fit le gros homme en se rasseyant. Quels sont vos projets ?




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Re: Un retour agité

Message par Julius Muller le Mar 7 Mai 2013 - 0:02

L’attente ne fut pas longue, Julius eut toutefois le temps de demander a l’huissier qui veillait dans l’antichambre si le gouverneur était de bonne humeur avec les festivités qui se préparaient dans la ville. L’huissier lâcha un regard malicieux :

- Ce genre d’évènement laissent rarement le Comte de marbre… Mais c’est toujours une bonne chose quand un évènement heureux vient casser la monotonie de la vie de notre cité. Quoi qu’il en soit, le gouverneur va bien et… est en bonne condition aujourd’hui !

Julius ne savait pas comment prendre la réponse du fonctionnaire. Felgenheim était connu pour être un roublard donnant un peu trop sur la bouteille. La question pouvait avoir plusieurs sens, l’homme lui avait répondu subtilement sur tous les tableaux.

Celle qui devait être une des assistantes du gouverneur fit introduire Julius qui laissait le Major Kageneck dans l’antichambre.


Le gouverneur resta dans son fauteuil, saluant le général :

- Bonsoir Monsieur le Major-Général. Hé bien, soldat, votre histoire est à peine croyable. Courrez au prochain office zorthodoxe et rendez grâce aux Dieux. Vous êtes un miraculé.

Puis, marquant une pause :

- J'ai pris sur moi de signaler à Wihelstaufen votre retour. Vous aurez la satisfaction d'apprendre que vous n'avez pas été rayé des cadres de l'armée. L'on vient de me confirmer votre grade. Cependant, vous devez savoir que vous n'êtes plus commandant de l'armée de Zollenheim. Celle-ci a été confiée à Wolfenbüttel. C'est un bon officier rigoureux et extrêmement capable mais qui commence à bien mal vieillir au demeurant ...

C’était donc pour le narguer que le vieux gouverneur lui avait fait traverser la province… La missive semblait plus engageante.

- Je ne connais pas cet officier, mais ma rapide mise a jour des évènements m’a permis de voir qu’il avait fait un travail remarquable. Au vu des évènements je ne peux lui en vouloir d’avoir pris ma place et c’est avec plaisir que j’irais le féliciter pour l’excellente campagne qu’il a menée. Il n’y a pas de rivaux quand il s’agit de servir son pays. J’espère avoir l’occasion de pouvoir prouver ma valeur aussi bien qu’il a eu l’occasion de le faire.

La réponse était de pure forme, elle n’appelait pas de réponse particulière, si ce n’est du général en question, le gouverneur poursuivit :


- Sans doute savez-vous que vous n'êtes plus non plus le président du PLZ ? Au vu des derniers résultats de ce parti, n'est-ce pas aussi bien que votre nom ne soit pas associé à cette ... débâcle ?

Le général se redressa sur le fauteuil qu’il avait pris et qu’on avait pas pris la peine de lui indiquer en arrivant. Il prit la pique de pleine face, le visage impassible, laissa échapper un léger sourire puis répondit :

- Monsieur le Gouverneur, j’ai été enlevé, gardé en otage, puis en cavale dans un pays rempli de crazzeux a peine plus doués qu’une bande de zindiens et ce pendant des mois. J’ai tout a fait conscience de ce que j’ai perdu. Le PLZ a vécu sans moi, il a gagné sans moi et a perdu sans moi. Je ne suis pas ce parti, il vit sans que je lui apporte mon aide et est actuellement au creux de la vague. Les libéraux jugeront de ma place dans le parti quand l’heure sera pour moi venue de me réintéresser à la politique.

Il marqua une pause, se rasseyant dans son siège. Et reprit :

- D’ailleurs, le PNZ se porte comment ?

Sa situation était meilleure que celle du PLZ, mais pas plus a plaindre. Les deux hommes eurent un sourire entendu. Un partout, la balle au centre, c’était le cas de le dire.

- Enfin, qu'importe. Quels sont vos projets ? lâcha enfin Felgenheim
- Pour l’heure, je vais rentrer à la capitale, faire mon rapport au Ministère et me mettre à la disposition de l’Armée. La politique attendra que j’eu mis de l’ordre dans mes affaires. Et je ne vous cache pas que je ne suis pas encore complètement au fait de la situation politique, il me faudra plusieurs jours pour comprendre réellement le contexte politique actuel…

Malgré les piques, l’atmosphère était détendue. Elle n’était plus celle du parlement, les festivités qui allaient de bon train à l’extérieur n’était pas sans ajouter a l’ambiance du moment.
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Re: Un retour agité

Message par Feu Comte Felgenheim le Mer 8 Mai 2013 - 20:29

Le Comte eut un sourire indulgent.

- Hé bien, peut-être nous recroiserons nous à Wihelstaufen. Sans doute point à Westernhalen, j'ai décidé d'arrêter la politique. Soixante ans sont soixante ans, et j'ai mon entreprise à gérer. Vous connaissez, hum ?

Le gouverneur se leva et raccompagna Muller à la porte.

- En espérant vous revoir Major, si vous avez l'occasion de croiser le Feld-Maréchal, saluez-le pour moi. Peut-être savez-vous qu'il est devenu Premier Ministre ? Non, mais vraiment ... un semi-zollernois, pas même zorthodoxe. Triste époque ... Enfin, sans doute cela ne vous dérange t-il pas, vous autres libéraux ...

Dehors, les échos de la Zollfest diminuait en intensité, signe que la soirée avançait.

- Passez à la Zollfest, Muller. Après tant d'épreuves, je pense que l'on vous accordera un petit congé. Comment était-ce chez les crasseux ?

Lui laissant à peine le temps de parler, le Comte reprit.

- Ah oui ? Vraiment affreux, quel bande de plouks. Hé bien, au revoir Muller.
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Re: Un retour agité

Message par Julius Muller le Jeu 9 Mai 2013 - 13:34

L’entrevue fut courte et Julius comme son ordonnance qu’il retrouva dans l’antichambre quelques instants plus tard n’eurent vraiment d’explication sur le sens de la rencontre. Au mieux s’agissait-il d’un caprice de gouverneur.

La journée étant déjà fort avancée, les deux hommes s’avisèrent de trouver un hôtel pour la nuit. Ce fut chose faite une heure et demie plus tard. Ils purent alors profiter des charmes de la capitale du Zabruck et participer à la première édition de la Zollfest.
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