Château de Manheim.

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Château de Manheim.

Message  Marialyn von Manheim le Ven 20 Jan 2012 - 20:05

La soirée touchait à sa fin. Marialyn, deuxième enfant et première fille du défunt Caesar Manheim, qui venait d'avoir vingt-cinq ans, les yeux-mi clos, assise sur son joli divan, étirait ses jambes nues et bronzées. Devant son feu de cheminée, elle se laissait aller aux voluptueux bonheur de sentir sa chair vivre sous sa légère robe de toile blanche. Elle soupira de bien être et s'étira en une lente ondulation, telle une chatte se réveillant au soleil.

Pensive, elle regardait les flammes de la cheminée danser et ondoyer. Enfin, elle parvenait à ses fins. Enfin, les hommes ne la brimeraient plus. C'est avec le doux réconfort que ce temps passé était bel et bien révolu que la jolie comtesse y replongea.

Son enfance avait été d'abord heureuse. Baignée par l'amour de ses parents et de son frère Hermann, ses premières années n'avaient variées de celle de toutes les petites filles nobles du grand-duché. Consciencieusement, l'enfant s'était préparé entre deux jeux, à l'apprentissage de ses devoirs de futur épouse. Assidu, elle avait été imprégné de la culture zollernoise. On lui avait inculqué la grandeur de sa race et de sa patrie. Être zollernoise serait toujours sa plus grande marque de noblesse. Élevé dans l'enseignement de la Zainte-Trinité, elle avait cherché, pour faire plaisir à son père, à toujours conduire sa vie selon les préceptes de la religion. La petite fille était une enfant modèle, jolie, potelé et souriante, elle charmait les adultes et les nobles de passage au château. On lui promettait le plus brillant des avenirs que pouvaient attendre une jeune comtesse de province. A peine remarquait-on, que, déjà, elle jouait de sa beauté, pour manipuler, les jeunes idiots qui la collaient. À treize ans, elle rentra au couvent. L'enfant s'y ennuya un peu, pourtant, elle devrait garder pour longtemps le souvenir de cet age heureux, ou aucune contrainte ou aucun homme ne s'imposait à elle.

À seize ans, sa vie bascula, définitivement. Son père, grand propriétaire foncier, fut acculé à la faillite par des usuriers hébraites de Zollenheim. Des lors, les temps de malheurs commencèrent. Son père, malgré les énormes dettes, protégea ses deux enfants. Il tint deux ans. Son épouse tomba gravement malade. Les soins prodigués, en vain, n'eurent raison des maux de la mère de Marialyn. Son père sortit sa fille du couvent, afin qu'elle puisse dire adieu à sa mère. Ainsi disparut la seule figure féminine de l'entourage de Marialyn et elle tomba sous la coupe des hommes. Celle de son père ne fut point dure. L'homme resta digne, pourtant, désargenté, déconsidéré, à la limite de la dérogation, le comte en devint fou et mit rapidement fin à ses jours. Son frère, Hermann, eut à gérer le sort de sa sœur. Coureur, dépensier et à court de sous, il machina un odieux avenir à sa cadette. L'homme était commerçant dans les Zindes, il connaissait bien le Zultan de Zandarbar. Il vanta à ce prince barbare et polygame la grande beauté de Marialyn. Contre une petite fortune, il lui vendit sa propre sœur.

À dix huit ans, Marialyn partit pour les Zindes. Elle quitta la contient nord en pleurant toutes les larmes de son corps. Maudissant son frère, elle s'estimait perdue à jamais. En contemplant la mer froide et glacé qui battaient les flancs du navire, la jeune femme se demandât longtemps si il ne fallait pas mieux y sauter avant de ne plus avoir le choix. Pourtant, la vie fut la plus forte.

En arrivant à Zandarbar, la comtesse regretta immédiatement de n'avoir point mis fin à ses jours. On la livra au prince Krihzna. Obèse, lubrique, polygame, il fut tout de suite fasciné par l’étrangère et en fit sa favorite. Convaincu que la Zainte-Trinité n'oublierait point sa fille, la jeune femme fit preuve d'un étonnant courage. Elle avait de la ressource. Elle supporta les brimades de sa belle-famille qui ne voyait en elle qu'une païenne, elle supporta celles des autres épouses, jaloux de son rang de favorite. Elle supporta le Zultan qui ne dédaignait point l'honorer plus souvent qu'il n'était vraiment nécessaire. Elle supporta l'indifférence polie des commerçants ou administrateurs zollernois, qui ne semblait s'émouvoir qu'une comtesse du Zabruck fut tombé entre les mains d'un chef barbare et brutal. Pire encore, elle se supporta elle-même, elle ne pouvait se regarder dans une glace et constater sa déchéance, et celle de son nom, de celui de son père.
La délivrance vint. Un beau matin, le Zultan fut retrouvé dans son propre lit, dévoré par un boa géant. La comtesse, délié de son mariage et en proie à hostilité de sa belle-mère, ne se fit point prier et prit rapidement le large.

À dix neuf ans, la comtesse ré-abordait son Zollernberg natal. Hermann, tout surpris de la revoir, ne put lui fermer les portes du château familial. La comtesse retrouva Zollenheim et ses bals. Une haine farouche des hommes la guidait désormais. Fasciné par sa grâce naturelle, son corps souple et délicatement ciselé, les nobles zabruckois tournaient autour d'elle, quémandant une attention ou un regard. Elle les ignora mais il fallut bien vivre. Aussi, la comtesse dut prendre un mari. Profondément écœuré par l'homme, elle n’eut qu'un seul critère. Son époux devait être riche, peu importait le reste. Jamais, jamais la comtesse ne voulut à nouveau être contraint de se vendre pour vivre. Elle choisit alors un noble local, assez intelligent pour ne pas prétendre vouloir la contrôler, assez sot pour ne pas se rendre compte qu'elle n'en voulait qu'à son argent. Le marquis Hauzschwein avait fait fortune en vendant des conserves de viandes de porc. Cela lui allait à merveille ! L'homme semblait plus tenir du porcin que de l'homme. Petit, court sur pattes, rougeaud, sentant fort le pâté, il tomba follement amoureux de son épouse, fasciné qu'une aussi sublime femme ait pu le choisir lui. Lubrique, il coucha éperdument avec sa compagne. Le mariage ne fut pourtant point heureux et ne dura guère longtemps. Six mois à peine s'était écoulé, que le marquis, lors d'une visite de son usine dispensé à son épouse, tomba de dix mètres dans un gigantesque mixeur à viande. Hauzschwein était déjà liquide et mis en conserve que Marialyn avait tourné les talons.

Et la froide et ambitieuse comtesse, enrichie des biens que son idiot de mari lui avait promis avant sa mort, recommença à fréquenter les bals. Elle étalait avec un luxe insolent sa richesse. On la vit faire quérir à une de ses suivantes jusqu'à deux cents robes en vue d'un bal. Et la jeune femme ne sut laquelle choisir ! Durant les soirées mondaines, elle repoussait son ennemi intime, les hommes. Cette-fois ci, elle jouait la coquette, usait de ses charmes et se faisaient promettre moult dotations et présents.
Ce fut lors de l'une de ces soirées, que son frère Hermann, fut tragiquement tué. Parti prendre l'air, furieux de son insuccès, et jaloux de sa sœur, il reçut malencontreusement sur la tête, l'une des gargouilles du château. Lorsque les majordomes découvrirent le corps, ils durent chasser les molosses du gardien du parc qui, déjà, se repaissait de sa personne.

À vingt trois ans, la cote de la jeune comtesse ne cessait d'augmenter. Le domaine familial lui appartenait. Sa fortune croissait. Son ambition était dévorante. Elle se permit de s'offrir le luxe de choisir seul un troisième mari.
Elle fut fort heureuse de voir que sa renommé dépassait le Zabruck. Elle fut invité par le duc des Zorcades à se joindre à son bal. Elle s'y rendit et fit sensation, tout le monde voulut connaître d’où venait cette jeune femme. Tout à sa vénalité, Marialyn repéra dans l'assistance une proie de marque. Le Prince Zabrücksi, premier seigneur du Grand-duché, second maître au Zollernberg après le Grand-Duc. Elle l'aborda la nuit-même, de peur que l'oiseau ne s'envole. Une fois de plus, elle parvient rapidement à ses fins et séduisit l'homme. Pourtant cette-fois ci, il y eut quelque chose en plus.

La comtesse se serait jeté du haut de son château, plutôt que de l'admettre, mais elle avait nourri rapidement pour le Prince une tendresse particulière. Il ne ressemblait en rien aux autres hommes. Il était si loin de l'arriéré Krihzna ou de cet imbécile d'Hauzschwein. Il avait pour lui le charme. Le vieux sabreur était séduisant, il ne manquait point de goût et d'intelligence, et surtout il la faisait rire. Il avait l'élégance de ne point lorgner sur son corps. Viril, il la faisait rêver et commandait aux autres hommes. Il l'avait initié aux plaisirs de la chair, choses encore complètement méconnues par la jeune femme. Son autorité était naturelle, jamais Marialyn n'imagina qu'il puisse ressentir le besoin de lever la main sur elle pour la faire obéir. Le Prince, comme tous ses maris, la comblait de présents. Il ne cherchait pas à se faire pardonner, comme dans le cas du Zultan, ou à se faire aimer comme dans le cas du marquis. Le Prince la comblait, sans attendre de contrepartie, uniquement pour la faire sourire. Rassurée et enfin heureuse, la comtesse résolu de devenir sa maitresse et de le chérir jusqu'à sa mort.

Son vœu fut pourtant troublé. L'étoile de Marialyn, si pale au premier temps, scintillait désormais de tous ses feux. Elle dut monter au Palais et rencontrer l'Auguste Grand-Duc. Elle n'espérait que garder son bel amant, elle en repartit avec un nouveau, Louis Ier. On ne pouvait espérer mieux. Elle se résigna, non sans un pincement au cœur, à quitter son beau sabreur. Il lui fallait suivre son étoile, son incroyable destinée manifeste.
Le grand-duc était sous son charme, bientôt, elle le cueillerait. N'en déplaise au Prince, qui cachait mal sa jalousie sous les moqueries, elle pouvait devenir son épouse.
C'était le but ultime de sa destinée. La Zainte-Trinité l'avait tant éprouvé, elle lui rendait désormais le Bonheur au centuple. Marialyn, Grande-Duchesse !


- Sophia, Luisa, Élisabeth, Éva, Carice .. et euh.. vous autres. Faites mes malles ! Nous partons au Palais.

- Madame, quels robes choississons-nous ?

- Toutes, excepté celle de mousseline, elles sont passés de mode depuis la semaine dernière. Nous passerons voir les couturiers de Whilelstaffen. Ma garde-robe est dégarnie ces temps-ci.

- Bien madame.


La comtesse donna également l'ordre de faire atteler ces six calèches, chacune porteuses de quatre malles de robes, de lingeries, d'ombrelles et d'éventails. Il ne fallait point lésiner sur ses atours lorsqu'on cherchait à séduire son souverain, même lorsque l'on s’appelait Marialyn von Manheim.
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Message  Marialyn von Manheim le Mar 2 Oct 2012 - 0:00

Après avoir laissé ses enfants à Whilelstaufen, la Grande-Duchesse s'en était retourné à Manheim, dans le vieux château familial.
Elle venait y fêter son trentième anniversaire. Elle n'en était pas heureuse, Marialyn avait effectivement peur de la vieillesse, peur de ne plus être aussi séduisante.

Ce retour aux sources n'était pas aussi plaisant qu'elle l'avait imaginé. Certes, Louis, son mari était absent, mais le château était envahi par toute une cohorte de gardes pruzziens, sécurité obligé, la Zaxe rebelle étant toute voisine.

Les opérations de reconquête tardaient, même si elle semblaient désormais imminente. On disait à Zollenheim qu'elles seraient conduites par le feld-maréchal Gatline. Cela satisfaisait tout le monde. Le Feld-Maréchal s'était montré grand soldat pendant la Guerre de Réunion et il était extrêmement populaire.


- Bon anniversaire Madame.
- Merci Gunther, merci ...
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Message  Marialyn von Manheim le Sam 13 Oct 2012 - 12:50

- Je me permets d'annoncer à Madame, que Monsieur le Feld-maréchal a annoncé sa venue.

Marialyn releva la tête avec attention.

- Gatline ? Ici ? Oh quelle riche idée. Je serais ravi de le recevoir enfin. J'aurais préféré l'accueillir ailleurs que dans ce petit châtelet, mais cela ira. Nous verrons si il est à la hauteur de sa réputation.
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Message  Edorel Gatline le Dim 14 Oct 2012 - 12:59

Le Feld-Maréchal arriva à Manheim à six heures du soir. En cette saison et en cette région, le jour déclinait rapidement. La voiture de Gatline traversa le petit village avant de remonter la route du château ou séjournait la Grande-Duchesse. Tout le long du trajet, Edorel remarqua les nombreux soldats et agents surveillant les alentours, et il fut contrôlé plusieurs fois, au cas ou. Il n'y trouva rien à redire, les gardes faisant leur travaille. Lorsque la voiture entra dans la cour du château, les domestiques commençaient à allumer les lumières. C'était un endroit de taille modeste, rien à voir avec certaines demeures plus en plaine, la cour comportait un parterre de fleur autour duquel la voiture fit un tour avant de s'arrêter devant les escaliers menant au vestibule.

Comme la garde avait été prévenu de l'arrivée du Feld-Maréchal, on lui rendit les honneurs comme il se doit à sa descente de voiture. Une fois à l'extérieur, Gatline toisa du regard la bâtisse. Tout en hauteur, pas assez de surface en montagne. Le froid était encore léger. Un domestique arriva pour conduire Edorel, Scarmyglyone et quelques hommes de l'état-major personnel du Feld-Maréchal. Wolfenbüttel n'était pas de la partie, il préparait les troupes pour le départ (le lendemain à l'aube). Le domestique conduisit Gatline jusque dans un petit salon, puis il se retira.


-Madame va vous recevoir.
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Message  Marialyn von Manheim le Dim 14 Oct 2012 - 14:05

La Grande-Duchesse discutait avec quelques dames très bien nés des dernières nouvelles de la capitale.

- Hé, voyez-vous, Madame, l'initiative Grand-Duc s'est vu vertement repoussé. Elle n'ira point au couvent ! On ne peut discuter avec elle sans qu'elle ne vous l'assène !
- Comme je la comprends. Louis est quelque peu tête en l'air. Il a traité cette jeune femme comme la dernière des lavandières de la NordenmarK
- Madame, excusez mon impertinence, mais monsieur le Feld-Maréchal est ici.
- Oh, grands dieux, ne le faites pas attendre plus longtemps.

Un majordome ouvrit une porte et introduisit le Feld-Maréchal. Près de Marialyn, une dame gloussa. Le Feld-Maréchal avait une réputation de grand militaire, mais aussi d'aventurier et de tête-brulé.

Marialyn tendit négligemment le bras pour le baise-main et s'exclama:


- Monsieur Gatline, c'est un véritable plaisir ! Enfin, nous nous rencontrons! Mon mari, le jeune Zabrücksi et toute la capitale à vrai dire ne tarit pas d'éloge à votre égard ! Venez, monsieur, conduisez votre souveraine au salon. Passons à table, et régalez moi de vos récits. Comment ferez vous mordre la poussière à ces satanés merksistes ?

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Message  Edorel Gatline le Lun 15 Oct 2012 - 23:29

Edorel s'abaissa pour le baise-main. Tandis qu'il s'exécutait, la Grand-Duchesse put voir qu'il avait les cheveux assez long, et que le catogan avait laissé place à une queue de cheval (tressé qui plus est).

-Madame, je suis votre dévoué serviteur.

Il se releva.

-J'espère que je ne vous prend pas au dépourvue par cette visite. Comme j'ai "repris l'affaire" à propos de la Zaxe, il serait impolie de ma part que je ne vienne pas vous tenir compagnie. Ma présence en ces lieux devrait les faire réfléchir si jamais l'idée de venir jusqu'ici avait effleuré leur esprits.

L'expression "reprendre l'affaire" montrait bien l'esprit aventureux de Gatline, mais c'était surtout due au fait qu'il avait du rattraper le cafouillage et les enfantillages des fils Muller et Zabrucksï. Il leva le bras, la dame y passa le sien et ainsi ils allèrent au grand salon avec pour lui son état-major (Scarmyglyone, un aide de camp, six officiers dont deux colonels et deux officiers zindiens, et quatre agents des ZZZ) et pour elle sa suite.

Pour ce qui est des récits de ma vie, vous n'avez qu'à choisir parmi ceux dont vous aurez eu vent et peut-être je fournirai un récit qui collera mieux à mes souvenirs. Quant à mon plan pour mater la rébellion ...

Il pensa à l'éventualité d'un espion parmi les domestiques de la Grande-Duchesse. Pas assez fou pour attenter à sa vie mais assez intelligent pour rester en vie et faire la récolte.

-... Il faudra que vous sacrifiez les meilleurs bouteilles de votre cave pour que je daigne vous en raconter les grandes lignes. Néanmoins sachez que je ferai en sorte de ne pas aller à l'encontre du protocole de Gornograd. Et Perraysky aura ce qu'il mérite. En espérant que les krasslandais se tiennent tranquille pendant ce temps.
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Message  Marialyn von Manheim le Mer 17 Oct 2012 - 23:14

Aux bras de son cavalier, la Grande-Duchesse gloussa de contentement.

- Peut-être cela ne convient-il pas à mon rang mais je ne vous cache pas Monsieur Gatline, que je rêve de voir Perraysky et ses affreux séides dans une cage de fer, pour le restant de leur vie. Et quoique cela ne soit pas vraiment zorthodoxe, je crois, que comme beaucoup de zollernois, je ne serais pas non plus peinée de savoir que vous les ayez pris mort plutôt que vif.

Les deux jeunes gens s'assirent. On comptait au repas quelques notabilités locales, petits hobereaux de province. Un Felgenheim, des Von Stergzstern, des Manheim éloignés.


- Mais, dites moi Monsieur, je dois vous féliciter. Cette fameuse ligne, de je ne sais quoi, je n'entends rien à la guerre, enfin ces défenses que l'on appelle ligne Gatline ! Je ne doute pas que le Prince Zabrücksi ait voulu vous faire honneur, mais vous a t-il seulement demandé son avis ?

Les servantes et majordomes du château ne purent s'empêcher de remarquer que la Grande-Duchesse semblait de fort bonne humeur en compagnie de Gatline. Point de ton autoritaire, point de réprimandes de sa voix haut perchée ... L'effet du vin, ou le charme de sa compagnie ? Toujours, est-il que la jeune femme se penchait plus que mesure et parlait à voix basse, à l'intention unique du Feld-Maréchal.

- Dites-moi, Edorel, quand attaquez-vous ? Qu'allez vous faire exactement ? susurra t-elle...
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Message  Edorel Gatline le Jeu 18 Oct 2012 - 17:44

Edorel fut étonné que la Grande-Duchesse l'appela par son prénom. Personne d'autres ne semblait avoir remarqué cela. Il répondit à voix basse à son interlocutrice.

-Eh bien. Je compte partir demain à l'aube. Pour l'instant, la stratégie que j'envisage n'est pas encore bien clair, mais sachez que cela ne répondra peut-être pas aux "standards" de l'art martial de ce pays. Il y aura fort à parier que les ZZZ aient un rôle majeur, ainsi que les sièges. Gardez à l'esprit que je suis du génie militaire, et qu'en tant que tel, je suis assez bon poliorcète.

Il reprit à voix haute.

-Pour ce qui est de cette ligne, j'en suis bel et bien l'instigateur, j'avais fait part à Zabrucksï père de mon idée d'une ligne d'armes anti-aériennes le long de la frontière avec la Russlavie pour se prémunir d'une éventuelle attaque édoranaise à l'époque de la guerre. J'avais été écouté, mais nous eûmes jamais assez de temps pour la mettre en place, vous connaissez la suite. Étant donné que l'éventuelle ennemie à changé d'emplacement, l'idée de fortifier la côte du Wasserland est bonne. Reste à savoir si la construction sera tout aussi bonne.
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Message  Marialyn von Manheim le Sam 27 Oct 2012 - 23:30

Poliorcète ? Qu'est ce que cela pouvait bien dire songea Marialyn en faisant la moue.

- Edorel, je ne doute pas que vous vous en tirerez à merveille. Votre ingéniosité naturel sera comme toujours déconcertante ... Les Zollernois ne s'y feront jamais. Monsieur le Prince, qui n'était pas un homme ordinaire, s'en avouait d'ailleurs toujours surpris ...

Subitement, Marialyn s'assombrit. Elle resta plusieurs minutes dans un silence complet et ne toucha plus à son assiette jusqu'à la fin du repas.

Cela suffit dit-elle en se levant.

- Edorel, s'il vous-plait, faites-moi danser.
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Re: Château de Manheim.

Message  Edorel Gatline le Dim 28 Oct 2012 - 12:37



Gros blanc dans le salon.

-Hem...

...

Je sais pas danser.

Tout le monde se retourna, sauf les officiers zindiens qui était encore au dessert. Scarmyglyone manqua de pouffer tandis que le reste de l'état-major du Feld-Maréchal semblait départager entre indifférence et ignorance.

Et puis bon, il fallait comprendre Edorel, danser avec une jambe en bois ! Pourquoi pas demander à un aveugle d'aller chasser le gibier.

Encore que, l'aveugle a ses oreilles pour rattraper son tir. Edorel aurait pue rattraper le coup, mais il avait laissé son théorbe chez lui, quel utilité sur un front, à part jouer l'internazionale aux rouges pour les amadouer ?

Non là il était défait.
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Re: Château de Manheim.

Message  Marialyn von Manheim le Mer 9 Avr 2014 - 18:09

La Grande-Duchesse n'était pas venue à Manheim depuis des années, mais les serviteurs l'accueillirent comme s'il était partie la veille.
Son dernier séjour avait été l'occasion de fêter son trentième anniversaire. Elle en avait désormais cinquante. Marialyn avait bien changé en trente ans.

Lors de son dernier séjour, elle était encore la jeune femme ambitieuse et secrète qui avait réussi sa machination et épousé Louis Ier, malgré le profond mépris qu'il lui inspirait. Déjà mère, elle était venue sans ses enfants, qui ne l'intéressait pas.

Marialyn était toujours aussi coquette et impérieuse. Elle aimait toujours rudoyer son personnel et cela ne s'arrangeait pas en vieillissant, mais le temps avait fait son ouvrage en elle et adoucit sa nature.

Enfin mère, elle regrettait désormais que ses enfants ne soient pas revenus à Manheim, ce lieu qui avait vu son enfance heureuse. Avec le temps, elle n'en était pas venu à aimer Louis Ier car l'on n'aime vraiment qu'une fois, mais elle s'était sincèrement attaché à son mari, et souhaitait son bien.

Les années lui avait également fait prendre conscience des devoirs qu'il lui incombait. Elle était devenue la marraine officieuse des Nordennois réfugiés en Zollernberg. Elle ne manquait pas de recevoir au Palais Cobourg la noblesse du Nordenmark. De même, elle faisait la promotion par sa présence des collectes de fond des Zollernois dépossédés et chassés de la Nordenmark. Elle avait d'ailleurs été nommé Présidente d'Honneur des Zaxons du Zabrück.

Et enfin, ce désintéressement lui assurait un peu d'estime et d'amour la part de son peuple, elle dont l'époux était si aimé.
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