Cachotteries au Palais.

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Cachotteries au Palais.

Message par Marialyn von Manheim le Sam 11 Fév 2012 - 19:34

La comtesse avait laissé un temps le Grand-Duc se reposer de ses exploits amoureux. Enfin, exploit était une façon de voir les choses. Amoureux, assurément, le Grand-Duc ne jurait plus que par elle. Tout ce qu'elle faisait, toutes ses gestes et mimiques, ils les qualifiaient de « fascinant.»
Dans la matinée, l'une de ses habilleuses lui avait remis un papier, qu'un homme « grand et bien habillé » lui avait prié de lui remettre. L'homme en question sollicitait un rendez-vous. La jeune femme y courait.
Marialyn aperçut soudain sa haute stature et l'air nonchalant et ennuyé qu'il se donnait dans ce Palais où il n'était plus en odeur de sainteté. Son cœur se serra. Le Prince l'attendait.


- Monsieur le Prince, j'ai eu votre mot, que me voulez-vous …

- Pas ici, les murs ont des oreilles.

Ce faisant, il lui attrapa la main et l’entraîna dans un recoin. C'était ravissant et la comtesse en rougissa de contentement.

- Excusez mon manque de manières, cher Marialyn, mais il serait tellement préjudiciable pour vous comme pour moi que nous soyons vu ensemble. Pensez donc un disgracié et la promise du souverain.

La comtesse préféra esquiver la seconde allusion de son ancien amant, et répliqua.

- J'ai appris la terrible nouvelle. Qu'aviez-vous donc derrière la tête en envoyant ainsi votre démission à la figure du Grand-Duc ?

- Hé bien, pour tout vous avouez, je travaillais pour ma légende. Il m'avait tellement désavoué ...Mais je pensais qu'il la refuserait. Je vous remercie d'avoir œuvré en ma faveur à propos, vous m'avez sauvé de la cour martiale.

- Vous n'avez pas à me remercier. Je n'ai cherché qu'à protéger un ami du déshonneur qui le tient pour la pire avanie.

-Prenez tout de même garde à ne point trop m'évoquer devant le Grand-Duc. Cela pourrait nuire à votre projet de mariage.

-J'ai encore moult oppositions à réduire, mais je vois que vous vous êtes accoutumé à l'idée.

Le Prince soupira et répondit lentement.

- Si vous voulez, disons, que servir la Couronne et la quête de la gloire excluent parfois la poursuite de son bonheur personnel. Ne pensez-vous pas ?

- Assurément August.

- Passons un marché dans ce cas, Marialyn. Je vous aide dans vos projets de mariage, et vous m'aidez à revenir dans les affaires. Cela vous convient-il ?

- Cela me convient tout à fait, acheva la comtesse dans un sourire. Je n'aime point ce Babenberg, et il n'est point convaincu que je descende des princes d'Azpen.

- Il n'est pas complètement sot ….

- Mais je vous assure, August, que mon arrière grand-père, natif d'Azpen était pair et qu'il ..

- Allons bon, point besoin de tout cela. Vous n'obtiendrez rien tant que le prince d'Azpen ne vous reconnaîtra pas comme appartenant à sa maison. Il vous faut le rencontrer et élaguer votre arbre généalogique.

- Soit, j'ai déjà pris contact avec les généalogistes les plus renommés du Grand-Duché.

-Fort bien, il faudra aussi remplir les zones d'ombre de vos plus jeunes années.

- Il n'y a point d'ombres. Je vous ai déjà expliqué que je m'étais retiré au Zindes après la perte de mon père.

- Allons, Marialyn... Tout le monde ne gobera pas cela aisément.

- Mais il s'agit de la simple vérité ! Comment osez-vous douter de moi ?

- Marialyn, je sais tout …

- Vous bluffez, il n'y a rien à savoir. Vous êtes souverainement agaçant. Je devrais vous faire expulser du ..

-Assez ! Je sais tout ! Je sais comment votre frère vous a ignominieusement vendu. Je sais comment vous vous êtes libéré de cette enfer et la vengeance que vous avez exercé contre ce démon d'Hermann. Je sais aussi pour le marquis.

La jolie comtesse était livide. Elle contemplait le Prince comme si elle était un ectoplasme.

-Mes Dieux, August …

- Calmez-vous Marialyn. Je suis le seul à savoir la vérité avec le directeur des ZZZ. J'ai fait en sorte de protéger vos arrières. Je me suis entendu avec lui, il va étouffer l'affaire.

La comtesse était à peine rassuré. Elle fixait le Prince sans ciller. Elle ne pouvait imaginer à quel point elle était belle quand elle faisait tomber le masque de la manipulation et de la séduction.

- Et vous … comment me jugez-vous ? Je ne me suis jamais senti aussi mal.

- Marialyn, belle enfant. Vous avez agi avec ce barbare de la plus juste des manières. Vous avez lavé votre honneur en effaçant l'infamie. Il était hors de question qu'une zollernoise de votre rang ne souffre une minute de plus de cette situation. Quant au châtiment que vous avez réservé à votre frère, il est bien doux à la hauteur de son crime ; donner sa sœur à un barbare pour continuer à vivre dans la dépravation. Quant au marquis, j'ose espérer que c'était un reste de mauvaises habitudes et qui suis-je pour juger ?

La marquise respira, il ne la jugeait pas et son secret était bien gardé.

- Notre conversation a trop duré. Nous risquons de nous faire prendre. Et je vous retarde, vous devez partir à Fissbach. Bon week-end soit dit en passant, ajouta le Prince avec un sourire canaille.

- Oh, arrêtez cela. Quand vous reverrai-je ?

- Quand je serais revenu aux affaires. Je serais alors le serviteur obligé de sa Majesté répondit le Prince en s'inclinant galamment.

Ainsi s'acheva l'entrevue. Le Prince s'esquiva et la comtesse retourna à ses appartements. Voir celui qui avait été son amant lui avait procuré le plus grand des plaisirs. Maintenant partagés, ses secrets étaient moins lourds à porter. De plus, il lui avait donné les armes pour faire valoir son mariage auprès des conseillers grand-ducaux. Radieuse, la comtesse se dit que finalement cette excursion à Fissbach serait peut-être l'occasion de débuter sa vie de Grande-duchesse de Zollernberg.
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Marialyn von Manheim

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