Une journée d'hiver au château de Fischbaz...

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Une journée d'hiver au château de Fischbaz...

Message par Feu Louis Ier le Mer 31 Déc 2014 - 1:15

Le Grand-duc séjournait depuis la mi-décembre au château de Fischbaz - parfois nommé Fischbach - dans le Silverstein. Cette demeure séculaire n'avait rien a voir avec les immenses palais de la monarchie. D'un style néogothique, perdu au milieu de la campagne silversteinoise, c'était un petit manoir de campagne, meublé et décoré dans un style bourgeois. C'est certainement cette simplicité qui avait séduit le Grand-duc Louis et bien d'autres souverains zollernois avant lui, qui, éprouvés par le poids d'une Couronne dont la charge était bien lourde pour un simple mortel. Les générations successives de souverains, avaient aimés, depuis Frédéric-Guillaume, dans cette demeure loin du protocole et des fastes étouffant de la Cour de Wilhelstaufen.

Louis aimait la douceur de vivre qui régnait à Fischbaz. Il y avait pu y mener la vie familiale à laquelle il aspirait, accueillant ses enfants Victor-August et Sophie-Charlotte, puis ses petits enfants Charlotte-Marie et Louis. La famille grand-ducale comme toute les familles du Zollernberg s'y était réuni pour les fêtes de fin d'année. Le Kronprinz, Lieutenant de Vaisseau au sein de la Ière Flotte, était en mission de patrouille en Mer Océane, son retour était prévu pour le réveillon du 31 décembre.

Aujourd'hui, Louis, vrai métronome, s'était levé à 7h30. Il avait englouti un petit déjeuner gargantuesque comme à ses habitudes, l'âge ne lui avait pas fait perdre un appétit légendaire engloutissant tour à tour oeufs, jambons, pain beurré, confiture, thé, jus d'orange, cela dans la salle à manger, habillé d'un gros peignoir de soie rouge marqué aux armes du Zollernberg, il s'était enquérit des nouvelles du Zollernberg, lisant la presse. La Grande-duchesse qui semblait désormais connaître les joies de la vie conjugales l'avait accompagné dans cela, puis se fut aux princesses Sophie-Charlotte et Marie Constance de rejoindre le Grand-duc, toutes deux accompagnées de la princesse Charlotte-Marie et du prince Louis. "Dadzy" ainsi que le surnommait Sophie-Charlotte avait cru bon, pour faire rire ses petits enfants, d’imiter les phoques de la Terre-Marialyn. Ce qu'il réussit sans peine, ravissant les rires des princesses de Zollernberg présentes.

Vers 8h30, chacun rejoignit ses appartements, le Grand-duc passa quelques instants sur sa chaise d'aisance, puis rejoignit son cabinet de toilette ou son premier valet Leander Der Klein, le lava et l'habilla. A Fischbaz, Louis ne portait pas l'uniforme, et lui préférait un complet cravate, ce qui lui donnait l'allure d'un gros bourgeois mais détendait l'atmosphère des lieux loin des clinquants uniformes portés à la Cour. La matinée se poursuivit. Le Grand-duc emmena le Prince Louis à la pêche dans un étang au fond du parc. Le petit n'avait que quatre ans, et affectionnait son grand-père. Revenu vers midi, avec quelques truites dans le panier, qui seraient farci à la viande - Louis avait horreur du poisson nature et avait fait créé par ses cuisiniers cette recette particulière -. Attendant l'heure du déjeuner, vers 13 heures, il fut reçu à déjeuner par les peluches de l'aîné de ses petites-filles, la comtesse de Wilhelstaufen, héritière du trône. Le Grand-duc prit donc place au côté de Monsieur Ours et de Madame Mine, une canne à l'air hautain. 13 heures retentit, la cloche du repas sonna, Louis emportant dans ses bras la charmante enfant, se pressa vers la salle à manger. Le souverain prononça les grâces suivit par la famille. A quatorze heures, repu, il rejoignit ses appartements pour une sieste. Puis vers 15 heures, il s'autorisa une balade au bras de son épouse. On s'arrêta à un banc sous une tonnelle, l'on admira l'horizon sans prononcer un mot. Marialyn s'autorisa à poser sa tête sur l'épaule de son mari. Vers seize heures, de retour au château, l'on eu à goûté les inventions de l'atelier des jeunes princes sous l'égide de leur mère et de leur tante. Les quelques coquilles s'étant glissés dans la pâte n'avait  pas entamé la bonne humeur de la petite famille. 17 heures sonna, et avec elle, l'heure du thé pour ces dames.

Le Grand-duc dû sacrifier à quelques obligations, revêtant pour l'occasion son uniforme de petite-tenue de Feld-Maréchal. Il reçut en audience Le Très Honorable Julius Muller, Baron de Finkelstein et chef de l'Oppositon Loyale dont il avait eu écho des qualités de juriste et qu'il avait pressenti pour lui confier la Garde des Sceaux de Zollernberg laissé vacante par le décès de son vieil ami Felgenheim. Ce qui fut bientôt fait par arrêté signé et scellé de ce jour. Vint ensuite l'audience hebdomadaire qu'il accordait à Son Premier Ministre, le Prince Zabrücksi, son filleul dont il n'appréciait guère les manières, mais qu'il s'efforçait à aimer malgré tout. Il sortit de tout cela, la révocation de ce pauvre Znodgrazz, homme d'allure fort sympathique si l'on en croyait les daguerréotypes le représentant. Vers 19 heures, les deux hommes prirent congé. On ne sait si le chef de l'opposition et celui de la majorité empruntèrent le même fiacre pour rejoindre Wilhelstaufen, mais se fut pour Louis Ier de rejoindre sa charmante famille qui s'était réuni autour d'un feu de cheminé dans le petit salon : Sophie-Charlotte jouait du clavecin, Marie-Constance faisait la lecture à Marialyn, la princesse Sophie-Charlotte coiffait ses poupées quant au prince Louis, il jouait à ses soldats de plomb, ayant revêtu pour l'occasion l'uniforme de caporal des gardes-pruzziennes que l'on lui avait offert lors de sa première revue de troupes. Se penchant auprès de son petit-fils, appelant auprès de lui sa petite-fille, il expliqua en détail la bataille d'Auzterlitz, ayant eu lieu il y a deux siècles, en 1805, sous le règne si prestigieux de la Grande-duchesse et Impératrice Charlotte Marie, durant laquelle, les troupes zollernoises commandées par le Prince Franz-Auguztuz, Prince conzort issu de la Maison de Zaxe, avaient remporté contre les Crassieux du Baron de Krassland, une victoire décisive.

20 heures annonça le dîner, copieux, comme il en était d'habitude au château. Après le repas, le Grand-duc rejoignit ses appartements afin de se changer et de veiller auprès des siens. Parvenu à sa chambre, se sentant las, il commanda à son valet de chambre de le laisser s'assoupir un instant, puis, rejoignant sa garde robe, il fit un malaise. Der Klein avertit le médecin de garde. Le Médecin-Major Klugerfurtt prit la décision d'aliter le Grand-duc. L'état de santé du souverain était jugé inquiétant. L'on fit venir l'Abbé Zérel, Chapelain de la Cour et confesseur du souverain. Ce dernier seul avec le prêtre, s'appliqua à faire une confession des plus parfaites, regardant sereinement ses péchés passés, les regrettant sincèrement et sans fausse honte, accueillant humblement la miséricorde divine. Le Souverain reçut l'extrême-onction. L'esprit alerte, il sentit un fatigue irrépressible l'envahir, il demanda à voir ses petits-enfants. Il agissait sans aucune crainte, sachant intimement que c'était pourtant la dernière fois qu'il verrait ses charmantes têtes blondes, sources de tant de joie pour le grand-père qu'il était. Il revu ensuite sa fille, Sophie-Charlotte, à laquelle il recommanda de se bien marier, et de choisir celui que son coeur lui recommanderait, il lui dit un adieu, séchant les larmes de sa chère petite. Il tint également à voir sa belle-fille qu'il appela tendrement "sa fille", la Princesse Marie-Constance, du droit de son époux, Kronprinzezzin et future Grand-duchesse, à laquelle il recommanda d'assister fidèlement son mari dans la charge à laquelle le conviait désormais la Providence. Il reçut enfin Marialyn, son épouse à laquelle il demanda pardon de ne pas avoir assez bien aimé. On ne sait pas ce que fut les derniers mots du Grand-duc. Simplement vit-on Marialyn pleurer.

Vers 22 heures on avertit Wilhelstaufen par télégramme, la nouvelle bouleverserait les cours et les chancelleries de l'Archipel : Louis Ier avait rendu son âme aux Dieux. Confiant en la miséricorde divine, le souverain avait quitté ce monde serein et heureux. Depuis quelques jours déjà, il confiait à Der Klein, son impatience et sa joie de rejoindre bientôt son vieil ami Felgenheim au Grand Festin. Les deux compèrent étaient désormais réunit devant le trône des Dieux.
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Message par Victor-August Ier le Ven 9 Jan 2015 - 20:15

Désormais toute la maison donnait du Sire au jeune prince Victor-August, sa propre mère, sa sœur et son épouse, l'avait gratifié d'une révérence au moment de son entrée dans la chambre mortuaire à l'intérieur de laquelle on avait installé le dais noir du deuil, dans laquelle reposait Feu Son Altesse Royale le Grand-duc Louis Ier. Le prince Victor-August demanda à rester seul face à la dépouille de son père. On le vit sortir les yeux rougit mais digne. Chacun en ce jour noir avait perdu un père. Le temps du deuil s'ouvrait au Grand-duché.
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Message par Edorel Gatline le Mar 20 Jan 2015 - 23:33

Le Feld-Maréchal Comte de Caztelmore n'avait jamais mis les pieds au château de Fischbaz, c'était une première pour lui. L'endroit lui plaisait, Edorel comprenait parfaitement que Louis aimât cette endroit.

« Belle endroit … Pour mourir. » Avait-il dit à Scarmyglyone en posant le pied hors de la Rollz-Royze.

Edorel portait l'uniforme noir des Feld-Maréchaux, histoire que la domesticité des lieux sachent à qui ils ont à faire. On lui ouvrit la porte et des Gardes-Zollernoises se mirent au garde-à-vous à l'entrée du premier soldat du Zollernberg. Les Gardes-Zollernoises ont l'habituel mission de former la garde palatine et de veiller sur les demeures des Grands-Ducs. Le premier-valet accompagna Edorel jusque devant la porte donnant sur la chambre mortuaire. Et se retrouva nez-a-nez avec la mère, la fille et la belle-fille de Louis (cette dernière était souvent surnommé par Edorel la "pièce rapportée", ce qui était tout à fait vrai, mais on se gardait bien de le dire de vive-voix).

Comme à son habitude, il resta béatement devant elles sans piper mot, difficile de faire appel à son sens de la répartie en pareil situation. Heureusement, Gatline désamorça la situation, casquette sous le bras.


« Je suppose que Son Altesse est à l'intérieur ? »

Les formalités n'ont jamais été le fort d'Edorel qui présenta péniblement ses condoléances à la famille, en attendant une éventuelle entrevue avec le Kronprinzz ou bien même de pouvoir entrer dans la chambre mortuaire.
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Re: Une journée d'hiver au château de Fischbaz...

Message par Julius Muller le Mer 21 Jan 2015 - 10:32

Convoqué au Château de Fischbach pendant la période de deuil suivant la mort du Baron de Lezingham, Julius fut reçu en audience par le Grand Duc pour évoquer le pourvoi de la charge de Garde des Sceaux, vacante depuis la mort du Comte Felgenheim.
Le souverain et Julius évoquèrent avec regret le départ soudain de plusieurs des serviteurs du pays. Ce dernier s’abstint de dire au Grand Duc le fond de sa pensée sur Felgenheim, que le souverain tenait en haute estime. Nommé Garde des Sceaux, le Général Müller prit congé du Grand Duc dans la journée.

Julius avait alors décidé de profiter de la journée qui restait à courir dans le cadre enchanteur que le Grand Duc avait choisi pour retraite. La petite bibliothèque de la ville proposait une collection de livres anciens que Julius s’était décidé à parcourir, en s’y rendant à pied après s’être changé et rafraichi dans un petit hôtel de la ville, il put apercevoir l’équipage du Premier Ministre se rendre au château. La ville bourdonnait d’une activité inhabituelle pour un petit bourg.

Ce n’est qu’a la nuit tombée que Julius émergeait de la bibliothèque, quelques volumes sous le bras. Marquant un arrêt près d’un banc sur une des places de la ville, Julius alluma une zigarrette avant de reprendre la route de l’hôtel quand le tocsin retentit soudainement. Arrivé à l’hôtel, Kageneck l’informa alors de la terrible nouvelle. Ainsi, Julius était l’un des derniers a avoir vu le souverain en vie. Il s’avisa a nouveau de sa tenue d’apparat sur laquelle il fit ajouter un crêpe noir et se rendit au château ou il put voir arriver les officiels convoqué par les circonstances dramatiques. Il put apercevoir certains membres de la famille royale et présenter ses hommages à la Kronprinzezzin croisée au hasard des couloirs du château.
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