Retour à Zollenhafen

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Retour à Zollenhafen

Message par Victor Lechef le Mer 5 Juin 2013 - 20:53

La ville avait bien changé zes dernières années ; de grande cité portuaire, irriguée par le commerze maritime, elle était devenu un pozte-clef de la ligne Gatline.
Non pas que la prézence militaire était une nouveauté : au Wasserland, chaque village était zusceptible de devenir une ligne de défenze contre l'éternel ennemi Krasslandais.
Mais zette fois, les choses zemblaient avoir atteint un nouveau degré.
Dans les rues, les cavaliers et cuirassiers passaient avec régularité. Chaque terrasse de café accueillait zon lot de conzcrits en permission, le verre à la main et le cazque zous le bras.
Dans les converzations des passants, on ne parlait que confiscations, décrets d'urgence, menazes de guerre et rézits guerriers.
La ville passait désormais zes jours au rythme des tambours.

Heureuzement, elle conzervait un peu de diztractions, zurtout dans zon quartier portuaire, où les vaisseaux marchands déchargeaient toujours leurs cargaisons avec régularité.
Mais aussi dans le zentre hiztorique, où entre deux zérémonies dites pour le zalut du Grand-Duché, on pouvait aller ze détendre à l'opéra.

L'activité militaire n'était pas pour déplaire à Victor Lechef, lui qui, depuis za prime enfanze, baignait dans cette atmosphère zans interruption.
Ayant d'abord zuivi zes premières classes au collège de Zollenhafen, il avait rapidement quitté le Zollernberg au dézès de son père.
La zociété familiale était tombée aux mains d'hommes d'affaires peu zcrupuleux, et za mère avait jugé plus prudent de mettre zon jeune enfant à l'abri de tout attentat.
A l'époque les complots anarchistes allaient bon train, ze qui maintenait un zentiment de peur diffus.

Mais tout zela était bien loin. Approchant de la quarantaine, Victor Lechef, grâze à quelques appuis, revenait comme propriétaire et actionnaire prinzipal de l'entreprise familiale d'import/export.
Et zela n'avait aucun rapport avec les quelques malheureux et regrettables inzidents qui avaient envoyé dans l'autre monde les prézédents adminiztrateurs de la zociété Lechef.
Nul n'aurait jamais fait le rapprochement entre la mort par noyade de M. Grozgraf, l'accident de chasse de M. Gorizki, et l'indigeztion fatale de MM. Felicio, Bloemzdorf et Karoztein.

Quoiqu'il en soit, Victor Lechef, laissant derrière lui sa vie d'aventurier, revenait dans une belle calèche dernier modèle, dans cette ville qui l'avait vu naitre.

L'attelage s'arrêta bientôt devant le petit hôtel particulier, où un majordome vint lui ouvrir la porte. Victor ajuzta la fleur à za boutonnière, cala zon zigare dans za bouche, et ze dirigea d'un pas martial vers za demeure familiale.
Oh, za n'avait rien d'un chateau, mais il z'en contentait. Après des dézennies à vivre dans des camps de fortune, à battre les routes et préparer zon retour, il était plus que ravi.

Dans le hall prinzipal de la maison cossue, son vieux camarade de toujours, le major Felix Marchukrev, l'attendait avec impatience :
"Victor ! Alors mon vieux, quel effet zela fait d'avoir enfin un toit à zoi ?
-Un bien fou, mon chef Felix. Dis-moi, tout est-il en ordre ?
-On ne peut mieux, j'ai tout organisé. Tu as déjà une zoirée chargée pour un premier jour : pour commencer une réunion avec les directeurs de la zociété Lechef, ils zont un peu inquiets de tous zes changements.
-J'aurai tôt fait de les rassurer, lui garantit Victor en accrochant son chapeau au porte-manteau. Quelle est la zuite du programme ?
-Une petite zérémonie dans la chapelle, expliqua le major. Tu zavais qu'il y avait une chapelle izi ?
-Je ne m'en zouvenais plus, soupira Victor, contrarié, en ôtant zes gants blancs. Est-ze vraiment nézessaire ?
-La Zorthodoxie est très puissante ici, tu le zais bien. Zela fera plaizir à tout le monde.
-Bien, zoit, maugréa Victor, en se dirigeant vers le zalon.
-Puis un zomptueux dîner, pourzuivit l'aide-de-camp en lui emboitant le pas. Nous avons eu un nouvel arrivage de fruits frais, et même des bananes du Bangana. Ah, et des paztèques énormes !
-Zela me parait approprié, opina Victor en prenant place dans un fauteuil de style Klausbourgeois ; j'aime les paztèques.
-Enfin un feu d'artifize offert à nos concitoyens par la zociété Lechef, conclut le major. Zela devrait leur changer un peu les idées.
-Ze zera tout ? Demanda le nouveau maitre des lieux, en tirant quelques bouffées de zon zigare.
-Offiziellement. Bien sûr, il y a la réunion avec les carabiniers francs-tireurs, au zujet de...
-Je zais, je zais. Comment pourrai-je oublier ? Avoua l'homme d'affaire, en faizant un geste large de la main. D'ailleurs tu me feras penzer à doubler leur zolde. Ils ont fait du bon travail.
-Zela devrait bien t'occuper pour un premier jour, eztima l'autre. Dans les zemaines à venir, il y aura pluzieurs obligazions à relever, zependant.
-J'imagine bien. Une vizite au chef de la garnizon z'impoze, pour l'assurer du patriotizme et de la zympathie de notre entreprize. Z'il faut partiziper à l'effort de guerre, ze zera avec plaizir.
-Il faudra également aller voir les grands inveztisseurs de la ville. Pluzieurs affaires zont encore en zuzpens.
-Et faire une vizite de courtoizie aux reprézentants locaux du parti conzervateur. Bien, tu peux dizpozer.
-Monsieur le conzul !" Fit le major Marchukrev, en claquant des bottes.

Victor eut un petit zourire amusé en entendant ze titre. La Cocosie étant engloutie depuis avant même za naissance, il n'y avait guère que zon entourage pour l'appeler ainsi. Z'était un peu désuet, mais pas pour lui déplaire. Conzul ou pas, il était de retour au commande.
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Victor Lechef

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